Hanoï, c’est le scooter qui vous frôle, le vieux café qui sent le robusta, le temple au calme improbable et le lac où tout le monde fait son jogging à 5 h du matin. Voici 20 activités pour apprivoiser la capitale vietnamienne en douceur.
1. Se perdre dans le Vieux Quartier
Pour commencer, autant plonger directement dans le chaos le plus photogénique de la ville.
Flâner dans le labyrinthe des 36 rues
Le Vieux Quartier, c’est un réseau de ruelles où chaque rue ou presque porte le nom de l’ancienne corporation qui y travaillait. Vous passez d’une rue des chaussures à une rue des jouets, puis à une rue entièrement dédiée au sucre ou au papier votif, le tout dans une cacophonie joyeuse. Le ballet des scooters, des vendeurs ambulants et des petites échoppes vous fera tourner la tête les premières heures. Prenez-le comme un jeu : avancer, regarder, respirer, sans vouloir tout comprendre. Le charme d’Hanoï opère précisément dans ce joyeux bazar organisé.
Observer la vie locale derrière les façades
Au‑delà des enseignes et des vendeurs qui interpellent, le Vieux Quartier permet d’apercevoir la vraie vie hanoïenne. Vous verrez des familles cuisiner sur le trottoir, des barbiers travailler à même la rue, des enfants jouant au ballon entre deux stands de pho. Les façades étroites, parfois décrépites, cachent souvent des maisons-tubes qui s’enfoncent très loin derrière. Glissez un œil dans les passages et les cours quand elles ne sont pas privées, vous aurez des petites vignettes de quotidien. C’est le meilleur antidote aux circuits trop propres.
S’offrir un premier café vietnamien
Au milieu de cette effervescence, un bon réflexe est de s’asseoir pour un cà phê sữa đá (café glacé au lait concentré) dans un café de trottoir. Vous observerez les scooters passer à quelques centimètres de votre tabouret en plastique sans que personne ne semble s’inquiéter. Le café vietnamien est fort, sucré, et agit comme carburant officiel de la ville. C’est aussi un moment où vous réalisez que, oui, vous êtes vraiment arrivé à Hanoï. Et que votre planning ultra carré ne survivra pas longtemps à l’énergie locale.
2. Tourner autour du lac Hoan Kiem
Après le chaos, un peu d’eau et de légendes ne font pas de mal.
Marcher autour du lac au lever du jour
Hoan Kiem, “le lac de l’Épée restituée”, est le poumon du centre-ville et un excellent repère pour ne pas se perdre. Dès l’aube, les Hanoïens viennent y faire du tai‑chi, courir, danser en groupe ou simplement marcher. En faisant le tour, vous verrez défiler une galerie de scènes délicieusement décalées : cours d’aérobic en musique, petits groupes de retraités en pleine chorégraphie, joggeurs sérieux. L’air y est un peu plus respirable et le rythme, étrangement, un peu plus lent. C’est un excellent anti‑jet lag.
Traverser le pont rouge vers le temple Ngoc Son
Sur le lac, un petit temple repose sur une île, relié par un pont rouge vif qui semble tout droit sorti d’une carte postale. Vous pouvez y entrer pour contempler l’architecture, les autels, la tortue empaillée légendaire et la vue sur le lac. L’ambiance est à la fois touristique et très respectueuse, car le lieu reste sacré pour les Vietnamiens. Prenez le temps d’observer les offrandes, l’encens, les gestes de prière. Cela aide à comprendre le mélange permanent entre spiritualité et vie quotidienne à Hanoï.
Profiter de l’ambiance piétonne le week‑end
Le week‑end, une partie des rues autour du lac est fermée aux voitures et scooters, ce qui est à peu près aussi rare qu’une vache volante dans le centre d’Hanoï. La zone se transforme en promenade piétonne géante, avec jeux pour enfants, vendeurs de ballons, spectacles improvisés et couples en balade. C’est un moment idéal pour simplement déambuler sans regarder à chaque seconde de quel côté déboulent les motos. Et pour reprendre confiance avant de retourner se frotter au reste de la circulation.
3. Visiter le temple de la Littérature
Parce que Hanoï, ce n’est pas que des klaxons et du café : c’est aussi un sanctuaire dédié au savoir.
Découvrir le premier “université” du pays
Le temple de la Littérature, fondé au XIe siècle et dédié à Confucius, servait de lieu d’études et d’examens pour les mandarins. En traversant ses différentes cours, vous remontez le temps parmi les pavillons en bois, les bassins et les jardins. Des stèles sur le dos de tortues de pierre portent les noms des lauréats des concours impériaux, sorte d’anciennes listes d’admis à un concours très sérieux. L’ensemble est harmonieux, paisible, et contraste fortement avec l’agitation du Vieux Quartier. C’est l’un des endroits où l’on tombe réellement amoureux de l’esthétique hanoïenne.
Se perdre dans les jardins et les pavillons
Chaque cour du temple a sa personnalité : l’une centrée sur un bassin, l’autre sur un pavillon, une autre encore sur le sanctuaire principal. Vous pouvez suivre le flux, ou vous amuser à vous poser dans un coin pour observer les groupes d’élèves et de touristes. Les jardins sont joliment entretenus, avec des bonsaïs, des arbres anciens et des lanternes. C’est un endroit idéal pour faire une pause photo sans avoir un scooter dans le cadre. Et un refuge parfait les jours de chaleur écrasante.
Guetter les étudiants et les robes de promotion
Le temple de la Littérature reste un lieu où les étudiants viennent chercher la chance avant leurs examens. Il n’est pas rare de voir des groupes en toge de graduation, ou des promotions en session photo officielle. Les couleurs des robes, les sourires crispés, les familles fières : tout cela donne une touche très vivante au site. Si vous tombez dessus, c’est l’occasion d’un jeu amusant : deviner qui fait semblant d’aimer poser et qui rêve de retourner enfiler un t‑shirt. Vous verrez que la pression des examens est universelle.
4. Entrer dans l’univers de Ho Chi Minh
Hanoï, c’est aussi la capitale politique, et cela se voit particulièrement dans le complexe dédié à “Oncle Ho”.
Passer devant le Mausolée (ou y entrer si vous le souhaitez)
Le mausolée de Ho Chi Minh, bloc massif de marbre et de béton, trône sur la place Ba Dinh. Vous pouvez vous contenter de le voir de l’extérieur, ou choisir de faire la queue pour entrer et défiler devant la dépouille embaumée du leader. L’atmosphère à l’intérieur est solennelle, silencieuse, très codifiée, avec gardes en uniforme et interdiction stricte de prendre des photos. Même si vous ne partagez pas la vénération locale, c’est une expérience politique et culturelle forte. À réserver aux plus curieux, et à faire de préférence tôt le matin.
Visiter la maison sur pilotis et le palais présidentiel
Juste à côté, on peut voir la maison sur pilotis où Ho Chi Minh vivait de manière simple, et le palais présidentiel plus imposant, qu’il n’occupait pas vraiment. Ces deux bâtiments racontent à leur façon un certain rapport au pouvoir et à la sobriété. La maison en bois, modeste, donne l’impression d’une retraite plus monacale que présidentielle. Le palais, lui, permet de mesurer l’héritage colonial et ce qui a été réinvesti par la suite. L’ensemble du complexe se prête bien à une visite en enchaînant les différents sites à pied.
Passer par la pagode au Pilier unique
Dans le même secteur se trouve la pagode au Pilier unique, petite pagode posée sur une seule colonne au milieu d’un bassin. Sa forme évoque une fleur de lotus, symbole de pureté, flottant sur l’eau. Le site est modeste en taille, mais très chargé symboliquement pour les Vietnamiens. Vous y verrez des fidèles venir prier, déposer de l’encens, accrocher des offrandes. C’est une bonne conclusion à cette parenthèse politique et spirituelle, avant de repartir vers d’autres quartiers.
5. Comprendre le passé au musée de la Prison Hoa Lo
Un peu d’histoire plus sombre pour équilibrer les cartes postales.
Découvrir l’ancienne prison coloniale
Hoa Lo, surnommée ironiquement “Hanoi Hilton” par les prisonniers américains, est une ancienne prison construite par les Français à la fin du XIXe siècle. Le musée actuel n’en montre qu’une partie, mais le choc est suffisant : cellules, instruments de contention, photos et reconstitutions donnent une idée de la dureté des conditions. Vous y verrez comment les Vietnamiens y furent enfermés durant la période coloniale, puis comment le lieu a ensuite servi à détenir des pilotes américains. L’exposition est évidemment racontée selon un prisme vietnamien, qu’il est intéressant de garder en tête.
Lire les panneaux avec un peu de recul
Les panneaux présentent des textes, des photos et des objets qui rendent le récit très vivant, mais aussi très orienté. En tant que visiteur, vous pouvez vous amuser à repérer les choix de mots, les mises en scène, ce qui est montré et ce qui l’est moins. Cela n’enlève rien à l’intérêt du site, bien au contraire : c’est une excellente occasion de réfléchir à la manière dont chaque pays construit sa mémoire. Si vous voyagez à plusieurs, c’est un excellent sujet de discussion à la sortie. Et un bon moment pour aller chercher un café pour débriefer.
Gérer l’impact émotionnel de la visite
La visite peut être lourde émotionnellement, surtout si vous êtes sensible aux lieux de détention ou aux récits de torture. Ne prévoyez peut‑être pas d’enchaîner directement avec un spectacle de marionnettes sans un petit sas de transition. Une courte marche ou un moment au calme dans un café du quartier aide à digérer les informations. Cela dit, Hoa Lo fait partie des visites les plus marquantes à Hanoï. Elle donne une profondeur supplémentaire à tout ce que vous verrez ensuite en ville.
6. Assister à un spectacle de marionnettes sur l’eau
On change d’ambiance : place au théâtre, aux dragons et aux rizières miniatures.
Découvrir un art typiquement vietnamien
Le théâtre de marionnettes sur l’eau est une tradition née dans les rizières du nord du Vietnam. Des marionnettistes, cachés derrière un décor, manipulent des marionnettes en bois qui évoluent sur l’eau, accompagnées de musique live. Les histoires racontent souvent des légendes, des scènes de vie rurale ou des épisodes historiques. Même sans comprendre le vietnamien, on suit très bien l’action grâce aux gestes et aux expressions. C’est une expérience à la fois poétique, drôle et parfois un peu kitsch, dans le bon sens du terme.
Choisir le bon théâtre et le bon moment
Plusieurs théâtres proposent ce type de spectacle, dont certains très touristiques autour du lac Hoan Kiem. Vous pouvez réserver un créneau en fin d’après‑midi ou en début de soirée, pour faire une pause assise après une grosse journée de marche. Les places ne sont pas très chères, mais mieux vaut s’y prendre un peu en avance en haute saison. Installer cette activité dans votre planning comme “parenthèse culturelle légère” fonctionne très bien. Et cela convient particulièrement aux familles.
Accepter de retomber un peu en enfance
Les marionnettes, les dragons, les poissons géants, les cris du public lorsque l’eau éclabousse un peu : tout cela a quelque chose de très enfantin. Jouez le jeu, laissez votre cerveau analytique en veille et profitez du spectacle. Vous verrez que, souvent, les adultes rient autant que les enfants dans la salle. À la sortie, vous aurez peut‑être encore la musique dans la tête pendant quelques rues. C’est un excellent souvenir à glisser entre deux visites plus “sérieuses”.
7. Traverser le pont Long Bien
Envie de sensations fortes sans payer un tour en tyrolienne ? Essayez un vieux pont ferroviaire.
Marcher sur une icône de la période coloniale
Le pont Long Bien, construit au début du XXe siècle, traverse le fleuve Rouge avec une structure métallique très photogénique. Il a survécu aux bombardements et reste un symbole fort de la ville. Vous pouvez y accéder à pied et marcher sur le trottoir étroit le long des rails, en regardant les scooters passer dans les deux sens. La vue sur le fleuve, les barges, les jardins maraîchers et la ville lointeine est saisissante. On comprend mieux la géographie d’Hanoï en le traversant.
Sentir le mélange d’adrénaline et de poésie
Marcher si près des rails, sur un trottoir parfois un peu brinquebalant, n’est pas recommandé aux phobiques du vide ou du bruit. Mais pour les autres, c’est un petit shoot d’adrénaline très accessible. Les vibrations du train qui passe, le souffle des scooters, le vent au-dessus du fleuve : tout participe à l’expérience. À certains endroits, vous pouvez descendre vers les jardins et les berges pour un autre point de vue. L’ensemble offre un contraste fascinant avec les quartiers plus modernes.
Profiter des lumières au lever ou au coucher du soleil
Le moment le plus magique pour traverser Long Bien, c’est souvent tôt le matin ou en fin de journée. Le soleil qui se lève ou se couche sur le fleuve donne des couleurs dorées à la structure métallique. Les silhouettes des motos, des piétons et des trains se découpent alors sur ce fond lumineux. C’est un terrain de jeu idéal pour les photographes, mais aussi pour les promeneurs contemplatifs. Pensez juste à garder un œil sur vos pas et un autre sur le paysage.
8. Goûter la street food comme un local
On ne va pas se mentir : à Hanoï, une bonne partie du voyage se passe dans l’assiette.
Commencer par les grands classiques : pho et bun cha
Le matin, un bol de pho fumant, avec son bouillon parfumé, ses herbes fraîches et ses lamelles de bœuf, vous mettra dans l’ambiance. Le midi ou le soir, le bun cha (porc grillé, herbes, vermicelles et bouillon léger) vous fera comprendre que la vie est décidément bien faite. L’idée est de choisir des gargotes fréquentées par les locaux, même si les tabourets sont minuscules. Vous verrez très vite que plus la déco est minimaliste, plus le contenu du bol a des chances d’être redoutable.
Tester les petits snacks : banh mi, nems et co
Entre deux visites, un banh mi (sandwich vietnamien) ou quelques nems croustillants feront des pauses parfaites. Vous croiserez des stands à chaque coin de rue, avec du pain croustillant, des garnitures variées et des sauces plus ou moins explosives. L’essentiel est d’y aller progressivement si votre estomac n’est pas encore habitué. Jouer à “je prends ce que je vois chez le voisin de table” peut être une excellente stratégie. Et parfois une façon de découvrir un nouveau coup de cœur culinaire.
Oser un food tour pour aller plus loin
Si vous voulez vraiment plonger dans la gastronomie de rue sans finir complètement perdu, un food tour guidé est une très bonne idée. Un guide local vous emmènera dans ses adresses favorites, vous expliquera les plats, l’étiquette et les petites subtilités. Vous goûterez des choses que vous n’auriez jamais osé commander seul, dans des lieux où vous ne seriez jamais entré. C’est une soirée à la fois gourmande, instructive et extrêmement conviviale. Et un excellent matériau pour raconter votre voyage ensuite.
9. Prendre un egg coffee sur un rooftop
Vous pensiez avoir tout vu en matière de café ? Hanoï a encore un tour dans son sac.
Découvrir le fameux “egg coffee”
Né à Hanoï, le cà phê trứng est un café mélangé à une crème à base de jaune d’œuf, de sucre et de lait concentré. Dit comme ça, on pourrait croire à une expérience hasardeuse, mais le résultat est étonnamment délicieux, quelque part entre cappuccino et tiramisu. On le sert souvent dans de petites tasses posées dans un bain-marie pour le maintenir chaud. La texture est onctueuse, presque dessert. C’est un incontournable à inscrire en majuscules dans votre planning.
Trouver un café caché dans une cour ou un immeuble
Une partie du charme d’Hanoï réside dans ses cafés un peu cachés, nichés au fond d’une cour ou au bout d’un escalier sans enseigne explicite. Cherchez ces petites entrées improbables, suivez les escaliers, et vous déboucherez souvent sur un café avec vue sur une rue animée, un lac ou une cour intérieure. Commander un egg coffee dans ce type de lieu ajoute une dimension “chasse au trésor” à la dégustation. C’est aussi une parfaite excuse pour faire une pause sans culpabiliser.
Profiter de la vue depuis un rooftop du Vieux Quartier
Certains cafés offrent un rooftop avec vue sur la ville, les toits, les câbles électriques et le ballet des scooters. S’installer là, avec un egg coffee ou un café glacé, permet de regarder Hanoï vivre comme si vous étiez aux premières loges d’un spectacle permanent. Vous verrez que, même immobile, la ville bouge de partout. C’est un moment idéal pour prendre des notes, trier vos photos ou simplement ne rien faire. Ce qui, à Hanoï, est un luxe absolu.
10. Visiter le musée d’Ethnologie du Vietnam
Pour comprendre un peu la mosaïque de peuples qui composent le pays, ce musée est une pépite.
Explorer les collections intérieures sur les 54 ethnies
Le musée d’Ethnologie présente la culture des nombreux groupes ethniques du Vietnam à travers vêtements, objets, photos, vidéos et reconstitutions. On y découvre des costumes traditionnels, des instruments de musique, des outils agricoles, des maisons miniatures, des rites. Les explications sont claires, souvent accompagnées de visuels qui parlent d’eux-mêmes. C’est une excellente base pour comprendre ce que vous verrez plus tard dans le reste du pays. Et un bon moyen d’éviter de réduire le Vietnam à une seule identité.
Se promener parmi les maisons traditionnelles reconstituées
À l’extérieur, le musée a reconstitué des maisons traditionnelles de différentes régions : maison sur pilotis, maison longue, maison communautaire, etc. Vous pouvez y entrer, monter les escaliers, sentir les volumes et imaginer la vie quotidienne qu’elles abritaient. Cette partie en plein air est particulièrement agréable par beau temps. Elle donne une dimension très concrète à ce que vous avez vu dans les vitrines. Et elle plaît autant aux adultes qu’aux enfants.
Faire une pause calme loin du tumulte du centre
Le musée se trouve un peu en dehors du centre, ce qui en fait aussi un prétexte pour changer d’ambiance. Le quartier est plus résidentiel, moins saturé de touristes et de klaxons. Après la visite, vous pouvez vous poser dans un café alentour pour digérer les informations et planifier la suite. C’est une demi‑journée très rentable en contenu et en respiration. Et un excellent ajout à un guide de voyage un peu sérieux sur les bords… mais toujours avec humour.
11. Se faire surprendre par “Train Street”
Parce qu’il n’y a rien de plus normal qu’un train qui passe à 10 cm de votre café.
S’installer dans un café entre deux rails
“Train Street”, c’est ce tronçon de voie ferrée serré entre des maisons où l’on a eu la bonne idée d’ouvrir des cafés. Vous vous asseyez sur une petite chaise au bord des rails, un smoothie ou un café à la main, pendant que la vie de quartier continue autour de vous. Les habitants cuisinent, étendent le linge, discutent sur le pas de la porte. Puis, à l’approche d’un train, les cafés rangent leurs chaises et vous invitent à reculer. Le décor se transforme en quelques secondes, façon théâtre vivant.
Sentir le train passer (littéralement) devant votre nez
Quand le train arrive, à faible vitesse mais très proche, la sensation est assez unique. Le bruit, le souffle, les vibrations sous vos pieds donnent l’impression d’être au cœur d’un décor de film. Vous réalisez aussi à quel point l’espace est optimisé dans ce quartier : quelques dizaines de centimètres séparent parfois les façades du train. Une fois le convoi passé, tout se remet en place comme si de rien n’était. C’est un moment court, mais mémorable, qui fait souvent partie des récits les plus marquants sur Hanoï.
Respecter les règles et l’espace des habitants
Avec la popularité du lieu, les autorités ont parfois restreint l’accès pour des raisons de sécurité. Il est donc important de respecter les consignes, d’écouter les cafés qui vous accueillent et de ne pas envahir la voie n’importe comment. N’oubliez pas que vous vous trouvez au milieu d’un vrai quartier, pas dans un parc d’attractions. Un sourire, quelques mots simples et une attitude discrète feront beaucoup pour que tout se passe bien. Et vous repartirez avec des images de voyage qui n’appartiennent qu’à Hanoï.
12. Explorer la citadelle impériale de Thang Long
Pour un grand plongeon dans l’histoire bien avant les scooters et les colonnades coloniales.
Marcher sur les traces des anciennes dynasties
La citadelle de Thang Long, classée au patrimoine mondial, fut le centre politique du pays pendant des siècles. En arpentant ses cours, ses portes monumentales et ses bâtiments restaurés, vous remontez aux dynasties Ly, Tran, Le et Nguyen. Les vestiges ne sont pas aussi spectaculaires que certaines citadelles impériales du pays, mais l’ensemble dégage une vraie solennité. On y sent le poids du pouvoir et des décisions prises entre ces murs. C’est un morceau d’histoire à intégrer à votre vision de Hanoï.
Découvrir les fouilles archéologiques et expositions
Sur le site, des panneaux et des espaces d’exposition montrent les couches successives de construction mises au jour par les archéologues. On y voit des fondations, des bases de colonnes, des objets de la vie de cour, des céramiques. Cela donne une idée de la complexité du lieu et de sa longue occupation. Même si vous n’êtes pas féru d’archéologie, le parcours est suffisamment didactique pour rester accessible. Et il complète bien le récit historique entamé au musée d’Ethnologie ou ailleurs.
Profiter du calme relatif du site
La citadelle, bien qu’en ville, offre un environnement plus ouvert et plus calme que beaucoup d’autres sites. Les pelouses, les arbres et les grandes perspectives donnent de l’air à votre journée. C’est un bon endroit pour faire une visite posée, sans se faire bousculer en permanence par les groupes. Vous pouvez même vous accorder un moment assis sur un muret pour simplement regarder les gens passer. Hanoï sait aussi être contemplative, il faut juste choisir les bons lieux.
13. Flâner dans le quartier français
Oui, il y a un coin de Hanoï qui semble parfois avoir un léger accent parisien.
Marcher entre villas coloniales et grandes avenues
Le quartier français, près de l’Opéra et autour de certaines grandes avenues, se distingue par ses bâtiments coloniaux, ses larges trottoirs et ses arbres alignés. Vous y verrez des ambassades, d’anciennes villas, des bâtiments administratifs au style très… Troisième République. Marcher là donne une étrange impression de décalage, comme si la ville essayait quelques minutes un autre costume. C’est un excellent terrain de balade à un rythme plus posé. Et une bonne transition entre plusieurs visites.
Admirer l’Opéra de Hanoï
L’Opéra, inspiré de l’Opéra Garnier, trône au milieu d’une grande place et se laisse photographier sous tous les angles. Même si vous n’assistez pas à un spectacle, vous pouvez faire le tour, observer les détails de façade, les colonnes, les statues. De nuit, l’éclairage met particulièrement en valeur sa silhouette. C’est un lieu idéal pour une petite parenthèse “photo chic” au milieu d’un séjour très scooters. Et un rappel discret du passé colonial du pays.
S’arrêter dans un café ou une pâtisserie “à l’européenne”
Dans ce quartier, vous trouverez aussi des cafés et pâtisseries avec un style plus européen : croissants, gâteaux, cafés latte, déco inspirée. Si vous avez besoin d’un shoot de “chez vous” au milieu du voyage, c’est ici que ça se passe. Vous pouvez en profiter pour écrire quelques cartes postales ou mails (oui, certains en écrivent encore). Ou juste savourer le contraste avec le bol de pho du matin et le bun cha du midi. Hanoï se prête très bien à ces allers‑retours entre mondes.
14. Chercher le street art à Hanoï
Vous pensiez que la ville n’était que tradition ? Faux : les murs parlent aussi très contemporain.
Explorer la zone des fresques ferroviaires près du lac
Non loin du centre, des pans de murs le long d’anciennes voies ont été recouverts de fresques colorées représentant scènes de vie vietnamienne, paysages ou motifs plus abstraits. C’est une promenade agréable à faire à pied, en suivant le fil des peintures. Certaines sont très figuratives, d’autres plus graphiques, mais toutes apportent une touche de couleur au béton. C’est un bon terrain de jeu pour les amateurs de photo. Et une preuve que la ville sait se réinventer visuellement.
Repérer les petites interventions dans le Vieux Quartier
Dans les ruelles du Vieux Quartier ou autour de la “train street”, vous tomberez aussi sur des pochoirs, collages, graffs discrets. Ils apparaissent souvent sur des murs secondaires, des portes de métal, des boîtes électriques. Regarder un peu en l’air et sur les côtés permet de découvrir ce deuxième niveau de lecture de la ville. Vous verrez que certains artistes se répondent d’un quartier à l’autre. C’est un Hanoï parallèle, plus underground, qui se laisse deviner à ceux qui prennent le temps.
Combiner street art et cafés branchés
Certaines zones où le street art est bien présent attirent aussi cafés, petites galeries et bars plus contemporains. Vous pouvez donc prévoir un mini circuit “fresques + pause café stylé” pour une matinée ou un après‑midi plus cool. C’est une bonne façon de montrer dans votre récit que Hanoï n’est pas figée dans son passé. Et que la créativité actuelle y est bien vivante. Les lecteurs amateurs de lieux “instagrammables” vous remercieront en silence.
15. Prendre un cours de cuisine vietnamienne
Parce qu’après avoir tout goûté, l’étape logique est de tenter de reproduire (plus ou moins).
Commencer par le marché avec un chef
Beaucoup d’écoles de cuisine commencent l’atelier par un tour au marché local pour acheter les ingrédients. Accompagné d’un chef, vous découvrez les herbes, les légumes, les sauces, les viandes et poissons utilisés dans la cuisine vietnamienne. On vous explique à quoi servent ces feuilles au nom imprononçable et pourquoi il y a autant de types de nuoc mam. C’est une plongée directe dans le quotidien alimentaire hanoïen. Et une manière de poser toutes les questions que vous n’osiez pas poser au serveur.
Mettre la main à la pâte sur plusieurs plats
De retour en cuisine, vous enfilez un tablier et participez à la préparation de plusieurs recettes : rouleaux de printemps, nems, bun cha, salade de papaye ou autre. Le chef vous guide, corrige votre pliage douteux, vous montre quoi faire quand la pâte décide de vivre sa vie. L’ambiance est généralement très détendue, avec beaucoup de rires et quelques fumées suspectes. À la fin, vous dégustez vos créations avec une petite pointe de fierté. Et la certitude que, oui, il va falloir encore s’entraîner.
Revenir avec des recettes (et des histoires)
La plupart des écoles vous remettent un petit livret de recettes pour tenter l’expérience chez vous. Autant être honnête : reproduire exactement les saveurs sans les bons ingrédients sera un sport de haut niveau. Mais vous aurez au moins les bases, les gestes, et surtout les souvenirs liés à ce cours. Dans votre guide, vous pouvez recommander cette activité comme “souvenir immatériel” à rapporter. Et comme excellent moyen de passer une demi‑journée à la fois ludique et riche en contenu.
16. Prendre un verre sur un rooftop avec vue
Parce que parfois, il faut s’éloigner de 3 mètres du sol pour respirer un peu.
Choisir un rooftop du Vieux Quartier ou près des lacs
Hanoï ne manque pas de toits aménagés en bars ou cafés, avec vue sur les toits en pagaille, les lacs ou certaines grandes avenues. Monter quelques étages (parfois par un escalier étroit bien caché derrière un magasin) permet de découvrir la ville sous un autre angle. Les lumières des enseignes, le flux de scooters, les arbres qui dépassent composent une mosaïque fascinante. En journée, la lumière révèle tous les détails ; le soir, les néons prennent le relais. C’est un décor parfait pour une pause contemplative.
Goûter une bière locale ou un cocktail exotique
Une fois installé, vous pouvez opter pour une bière locale bien fraîche, un cocktail à base de fruits tropicaux ou une boisson sans alcool, selon l’humeur. L’important n’est pas vraiment ce qu’il y a dans le verre, mais la vue qui l’accompagne. C’est un bon moment pour débriefer la journée avec vos compagnons de voyage, ou simplement pour regarder la ville vivre à distance. Loin du bruit direct, on perçoit encore le bourdonnement, mais comme assourdi. Hanoï ressemble alors à un grand organisme vu de loin.
Rester assez longtemps pour voir la ville changer de lumière
Si possible, essayez de monter un peu avant le coucher du soleil, pour assister à la transition jour/nuit. Les couleurs du ciel changent, les premiers lampadaires s’allument, les enseignes également, et les flux de scooters semblent se densifier. Vous aurez ainsi plusieurs Hanoï dans le même décor, en à peine une heure. Dans un guide, c’est une belle scène de fin de journée à suggérer. Et un moment propice pour faire quelques photos sans devoir slalomer entre les motos.
17. Profiter des espaces verts moins connus : parcs, lacs, jardins
Une fois que vous aurez fait Hoan Kiem et les grands classiques, il restera encore de la verdure à explorer.
Se promener autour du lac de l’Ouest (Tay Ho)
Le lac de l’Ouest, beaucoup plus vaste que Hoan Kiem, offre une atmosphère plus résidentielle et parfois presque balnéaire. Des cafés, restos et pagodes ponctuent ses rives, avec des vues dégagées sur l’eau. Vous pouvez y louer un vélo, marcher sur un tronçon, ou simplement vous poser sur une terrasse. L’ambiance y est moins frénétique que dans le centre. C’est un bon endroit pour une demi‑journée plus cool, surtout si vous commencez à saturer des scooters.
Explorer des parcs comme Thu Le ou d’autres jardins
Certains parcs, un peu en dehors des circuits touristiques, sont très fréquentés par les Hanoïens : terrain de jeux, manèges, zones de sport, bancs. Y faire un tour permet d’observer la vie locale dans un contexte plus détendu. Vous verrez des familles en sortie, des couples, des groupes d’amis qui pique‑niquent. Ce ne sont pas des “incontournables” monumentaux, mais des lieux où l’on sent la ville vivre pour elle‑même. Et ça, pour un guide de voyage, c’est précieux.
Chercher la verdure cachée dans les cours et ruelles
Au‑delà des grands parcs, Hanoï est pleine de petites poches de verdure : jardins intérieurs de temples, arbres dans des cours d’immeubles, terrasses plantées. Gardez l’œil ouvert pour repérer ces micro‑oasis et n’hésitez pas à y entrer quand elles sont publiques. Elles offrent des pauses spontanées au milieu du tissu urbain dense. Dans votre récit, évoquer ces petites trouvailles donnera un ton plus incarné à votre description de la ville. Et donnera envie aux lecteurs de lever le nez de leur GPS.
18. Suivre une visite guidée à pied (ou en scooter) thématique
Parfois, laisser quelqu’un d’autre se soucier de l’itinéraire fait le plus grand bien.
Choisir un walking tour sur l’histoire ou les cafés
Plusieurs visites guidées à pied abordent des thèmes précis : Hanoï colonial, Hanoï révolutionnaire, Hanoï des cafés, etc. Un guide local vous emmène dans des rues où vous ne seriez pas forcément allés seul, en ponctuant le parcours d’anecdotes. Cela permet de mettre des mots sur des choses que vous ne faisiez qu’apercevoir. Et de poser toutes ces questions que vous gardiez en tête sans oser interrompre Google Maps.
Oser le tour en scooter (en passager)
Pour les plus téméraires, certains tours proposent de vous faire découvrir la ville à l’arrière d’un scooter conduit par un guide. Vous n’avez rien à gérer, juste à tenir bon, à faire confiance et à regarder autour de vous. C’est un excellent moyen de comprendre la logique interne du trafic hanoïen, qui ressemble de loin à du chaos mais obéit à des règles tacites. On passe alors dans des ruelles, des marchés, des quartiers plus cachés. Et on en sort avec une histoire à raconter à peu près inépuisable.
Utiliser ces visites pour “lire” la ville ensuite
Une fois le tour terminé, vous ne verrez plus Hanoï de la même manière. Un bâtiment, une affiche, une petite échoppe déclencheront des souvenirs d’explications reçues. Dans un guide, recommander ce type d’expérience tôt dans le séjour est très pertinent. Cela donne des clés de lecture pour les jours suivants. Et cela fait gagner beaucoup de temps par rapport à une approche 100% en solo.
19. Faire une excursion à la journée : Ninh Binh, baie d’Halong terrestre…
Hanoï est aussi un excellent camp de base pour explorer des paysages spectaculaires.
Découvrir Ninh Binh et ses pics karstiques
À quelques heures de route, Ninh Binh et ses rizières entourées de pics calcaires offrent un décor digne d’un film de fantasy. Bateau à rame sur les rivières, grottes, temples perchés, vélo entre les champs : le programme est varié. Beaucoup d’agences organisent des excursions à la journée depuis Hanoï, avec transport inclus. C’est une bonne option pour ceux qui n’ont pas le temps de dormir sur place. Et un excellent contraste avec l’urbanité dense de la capitale.
Explorer la “baie d’Halong terrestre” en sampan
Dans certains secteurs de Ninh Binh, on embarque à bord de petits bateaux à rame, souvent manœuvrés… avec les pieds par les rameurs. Vous glissez alors entre les falaises karstiques, sous des grottes, au ras des nénuphars. C’est une expérience très douce, presque méditative, si l’on oublie les autres bateaux de touristes autour. Pour un lecteur, c’est une image forte qui parle immédiatement. Et une raison de plus d’inclure au moins une grande excursion dans un séjour basé à Hanoï.
Rentrer à Hanoï avec l’impression d’avoir voyagé deux fois
Après une journée dans ces paysages, revenir dans le bruit des scooters a quelque chose de presque rassurant. Vous pourrez raconter que, oui, on peut passer d’une cathédrale de calcaire à une cathédrale de klaxons en quelques heures. Dans ton article, positionner ces excursions en fin de séjour fonctionne bien. On termine alors sur des images de nature spectaculaire, puis un dernier pho en ville. C’est une belle boucle à proposer.
20. Garder une demi‑journée sans programme pour “habiter” Hanoï
Parce qu’au bout du compte, la meilleure activité est parfois de ne rien prévoir du tout.
Choisir un coin de la ville et s’y ancrer
Proposez à vos lecteurs de consacrer une demi-journée à un seul quartier qui leur parle : Vieux Quartier, autour du lac de l’Ouest, quartier français, un coin de Tay Ho… L’idée est de laisser le guide dans le sac et d’avancer au feeling. On s’assoit dans un café, on regarde la vie passer, on flâne dans une rue juste parce qu’elle a l’air sympa. C’est souvent dans ces moments-là qu’on se sent le plus “dans” la ville.
Suivre les micro‑envies au lieu de la checklist
Une odeur de grillade, un bruit de vaisselle, une boutique de t-shirts improbables, un temple dont la porte est entrouverte : à chaque fois que quelque chose attire votre attention, faites un pas de côté. Ce n’est pas grave si vous ne “faites” rien de majeur pendant ces heures‑là. Vous ferez autre chose : habiter un peu Hanoï, le temps d’un café, d’une conversation, d’un sourire échangé. Dans un guide, cette invitation à lâcher prise parle souvent aux voyageurs un peu saturés de tops 10.
Dire au revoir à la ville avec un dernier bol (ou un dernier café)
En fin de demi‑journée, suggérez de s’asseoir pour un dernier bol de pho, un bun cha ou un egg coffee dans un endroit qui vous aura plu. C’est le moment de repasser mentalement les images marquantes : le train qui frôle votre chaise, la brume sur le lac, un fou rire sur un scooter, un cours de cuisine raté mais mémorable. Hanoï n’est pas une ville que l’on “coche” ; c’est une ville qu’on apprend à aimer, parfois malgré soi. Et qui, souvent, donne très envie de revenir.
