3 itinéraires de randonnées aux crêtes du Luberon

La randonnée aux crêtes du Luberon mène jusqu’au Mourre Nègre, point culminant du massif à environ 1 125 mètres d’altitude, sur la longue barre calcaire qui s’étire entre Apt et la Durance. Depuis les crêtes, la vue embrasse le Ventoux, les Alpilles, la Sainte-Victoire, le plateau d’Albion et, par temps très clair, jusqu’aux Alpes, dans une ambiance de montagne provençale mêlant garrigue, forêts de chênes et longues lignes de crêtes balayées par le vent. L’atmosphère y est sauvage, lumineuse et un peu “hors du temps”, avec le chant des cigales en saison, le bois qui craque sous les pas et les lapiaz qui rappellent qu’ici, on marche sur une vraie montagne, même si la mer n’est pas si loin.

Crêtes du Luberon Randonnée Provence Alpes Cote d'Azur
Les crêtes du Luberon

Les itinéraires pour une randonnée aux crêtes du Luberon

Les itinéraires pour une randonnée aux crêtes du Luberon tournent autour de plusieurs classiques d’accès au Mourre Nègre et aux crêtes du Grand Luberon, depuis Auribeau, Cucuron ou le versant nord.

Itinéraire 1 : Auribeau – Mourre Nègre et crêtes du Grand Luberon

Les crêtes du Luberon au départ d’Auribeau permettent une belle boucle qui rejoint les crêtes du Grand Luberon puis le sommet du Mourre Nègre, avant de redescendre au village.

  • Point de départ : Auribeau, parking vers 580–586 m d’altitude

  • Distance : environ 9,5 à 11,5 km selon les variantes

  • Temps estimé : 4h à 5h

  • Dénivelé : environ +600 à +650 m de dénivelé positif

  • Type d’itinéraire : Boucle

  • Difficulté : Intermédiaire / moyenne (montée soutenue, crêtes exposées au vent)

Itinéraire 2 : Cucuron – Mourre Nègre par les crêtes sud

Les crêtes du Luberon côté sud se rejoignent depuis Cucuron via une grande boucle qui monte progressivement par le GR9/GR97 jusqu’au coteau des Gamates et aux crêtes, avant de gagner le Mourre Nègre.

  • Point de départ : Cucuron, secteur base de Cabrières

  • Distance : environ 17 à 19 km selon la trace

  • Temps estimé : 6h à 7h

  • Dénivelé : environ +1 000 à +1 060 m

  • Type d’itinéraire : Boucle

  • Difficulté : Difficile (longueur, fort dénivelé, terrain caillouteux)

Itinéraire 3 : Versant nord – Font Jean de Martin et crêtes

Les crêtes du Luberon via le versant nord se découvrent par un itinéraire plus sauvage, qui remonte le vallon de la Font Jean de Martin avant de gagner la crête et le Mourre Nègre.

  • Point de départ : Versant nord du Grand Luberon, parking vers 580 m (Vallon de la Font Jean de Martin)

  • Distance : environ 9 à 12,1 km selon le topo

  • Temps estimé : 3h à 4h30

  • Dénivelé : environ +600 à +1 010 m

  • Type d’itinéraire : Boucle

  • Difficulté : Intermédiaire à difficile selon le dénivelé choisi

Combien de temps dure la randonnée aux crêtes du Luberon

La randonnée aux crêtes du Luberon dure en moyenne 4h à 5h pour la boucle classique depuis Auribeau, entre 3h et 4h30 pour les options plus courtes du versant nord, et jusqu’à 6h–7h pour la grande boucle exigeante depuis Cucuron, où l’on enchaîne montées, crêtes et longs retours en forêt.

Récit de randonnée sur les crêtes du Luberon

La montée en forêt vers les crêtes

Les crêtes du Luberon se méritent, et la montée commence généralement en douceur depuis les villages du piémont comme Auribeau ou Cucuron, par des pistes et chemins sous couvert de chênes et de pins. Le bois craque sous vos pas à chaque foulée, le sol tapissé de feuilles et de cailloux annonce déjà que les chevilles auront leur mot à dire, tandis que les senteurs de garrigue – thym, romarin, cistes – montent tranquillement avec la température. On avance à l’ombre, dans un décor qui semble presque sage, en se disant que “ça monte mais ça va”, phrase que le Luberon se fait toujours un plaisir de remettre en perspective quelques lacets plus loin.

Peu à peu, le chemin quitte les pistes pour des sentiers plus étroits, qui s’élèvent franchement en direction de la crête. Les arbres se font plus espacés, la lumière se renforce, et les premiers points de vue surgissent à travers les branches : un bout de Ventoux ici, un coin de vallée d’Apt là, et déjà la sensation agréable d’avoir pris un peu de hauteur. Le bois craque toujours, mais les pierres commencent à tenir un plus grand rôle, parfois roulantes, parfois solidement en place, obligeant à choisir soigneusement chaque appui.

Après une bonne heure de montée régulière, la pente se radoucit, le ciel prend soudain beaucoup plus de place, et la crête finit par être atteinte, souvent repérable à la présence des antennes au sommet du Mourre Nègre ou d’un large chemin caillouteux filant d’est en ouest. Clic, clac, première salve de photos en mode “panorama à 180°” – et encore, vous n’en êtes qu’au début de la partie la plus spectaculaire.

La marche en crête : panorama à 360° et vent dans les cheveux

Les crêtes du Luberon dévoilent alors toute leur magie : un long fil de pierre qui serpente au-dessus de deux mondes, la vallée d’Apt au nord et le Sud Luberon vers la Durance au sud. Le bois craque beaucoup moins ici, remplacé par le bruit des cailloux qui roulent et du vent qui file dans les herbes et les buissons bas, parfois en mode “brise agréable”, parfois en version “séchage express de t-shirt”. À chaque pas, le regard passe du Ventoux aux Alpes, du plateau d’Albion aux Alpilles, avec le plaisir un peu enfantin de jouer à “reconnais ce sommet là-bas sur l’horizon”.

Les sentiers de crête alternent faux plats et petites bosses, avec quelques montées qui rappellent que le sommet officiel n’est pas encore là, même si le panorama est déjà royal. Par endroits, la trace suit un ancien chemin pastoral large comme une petite piste, ailleurs elle se resserre en single caillouteux qui ondule entre buissons et lapiaz. Le bois ne craque plus, mais le calcaire, lui, grince parfois sous les semelles, alors qu’on se faufile autour de dolines, petites combes et arbres solitaires qui semblent poser pour une aquarelle.

L’approche du Mourre Nègre se fait en douceur, avec l’antenne hertzienne comme phare improbable sur cette mer de pierre. Le dernier ressaut se gravit dans un mélange de satisfaction et de “bon, on y est ou pas ?”, avant de déboucher sur le sommet et son panorama à 360° tout simplement énorme. Clic, clac, on enchaîne les photos, on tourne sur soi-même comme une girouette, et on se dit qu’avoir grimpe 600 à 1 000 mètres de dénivelé pour ça, ce n’était clairement pas une mauvaise idée.

La descente et le retour vers les villages

Les crêtes du Luberon, une fois savourées, laissent place à la deuxième partie du programme : la descente, qui n’est pas toujours de tout repos. Selon les itinéraires, on quitte la crête par un vallon boisé ou en revenant par une section de crête avant de piquer dans la pente, sur un sentier parfois raide, souvent caillouteux, où le bois recommence à craquer joyeusement sous vos pas. Les genoux prennent alors le relais des cuisses dans la liste des muscles qui vous rappellent qu’“aller en montagne”, ce n’est pas juste faire un selfie au sommet.

Plus bas, la forêt reprend ses droits, avec des sections à l’ombre où les chênes verts, les pins et parfois quelques hêtres sur les versants nord créent une ambiance plus fraîche qui fait un bien fou après l’exposition de la crête. Les murets de pierre, les anciennes drailles et les traces de terrasses témoignent du passé agricole de ces pentes, et donnent presque envie de ralentir pour profiter de chaque détail. Le bois craque, les oiseaux piaillent, les cigales reprennent éventuellement leur rôle de chorale en été, et la marche se fait plus contemplative à mesure que l’on se rapproche du village.

Enfin, les toits d’Auribeau, de Cucuron ou d’un autre village du piémont finissent par apparaître entre les arbres, puis les premières maisons, puis la place du village ou le parking. Les crêtes, derrière, continuent de dominer le paysage, fines et blanches sur fond de ciel bleu, comme pour vous dire “à la prochaine”. Les chaussures se délacent, le sac se pose, et l’apéro (ou le café bien serré) devient soudain l’étape la plus urgente de l’itinéraire.

Quand aller voir les crêtes du Luberon ?

Les crêtes du Luberon se parcourent idéalement au printemps et à l’automne, quand les températures restent modérées et que la lumière sublime les reliefs et les vallées. Au printemps, la montée en forêt s’agrémente de verts tendres, de fleurs et d’herbes encore fraîches, tandis que les crêtes offrent des vues très dégagées sous un air suffisamment frais pour supporter les longues ascensions. En été, les panoramas sont magnifiques mais la chaleur peut être intense sur les crêtes très exposées, avec peu d’ombre : partir très tôt, emporter beaucoup d’eau et se méfier du mistral devient alors indispensable. À l’automne, les couleurs se réchauffent, les chênes se teintent de roux, les vallées prennent des tons dorés, et la fréquentation baisse, ce qui rend l’expérience particulièrement agréable sur les longues boucles de 5 à 7 heures. L’hiver peut offrir des vues exceptionnelles avec les Alpes enneigées en toile de fond, mais demande une grande prudence en cas de vent fort, de neige ou de gel sur les lapiaz et les sentiers rocheux.

Comment aller voir les crêtes du Luberon ?

Les crêtes du Luberon se rejoignent principalement en voiture depuis Aix-en-Provence, Avignon ou Cavaillon, puis éventuellement en combinant train et bus jusqu’à Apt ou Cavaillon avant de poursuivre vers des villages comme Auribeau, Cucuron ou Saignon.

Aller en voiture aux crêtes du Luberon

Aller en voiture aux crêtes du Luberon dépend du versant choisi, mais passe presque toujours par la D900 ou les routes de piémont. Depuis Avignon, on emprunte l’A7 puis la sortie 24 “Avignon Sud / L’Isle-sur-la-Sorgue / Apt”, avant de suivre la D900 en direction d’Apt et du Luberon central. Pour Auribeau, on poursuit au-delà d’Apt, puis on remonte vers le nord-est par les petites routes indiquant Auribeau (via la D48 et les routes locales) jusqu’au parking de départ à environ 580 m. Pour Cucuron, on rejoint le Sud Luberon via Cadenet et Lourmarin puis la D27 et D182, en suivant les indications “Cucuron” avant de trouver le départ de la boucle du Mourre Nègre côté Cabrières.

Aller en train aux crêtes du Luberon

Aller en train aux crêtes du Luberon demande de combiner TER et bus, car il n’y a pas de gare directement dans le massif. Depuis Paris ou Lyon, on rejoint d’abord Avignon TGV, puis on utilise la ligne de bus régionale 915 qui relie Avignon à Apt, porte d’entrée du Luberon central. Une fois à Apt, d’autres lignes régulières desservent les villages environnants, comme la ligne 918 (Apt–Bonnieux–Cavaillon) ou 917 (Apt–Gordes–Cavaillon), ce qui permet de se rapprocher des départs de randonnées en fonction de l’itinéraire choisi, même si Auribeau ou Cucuron nécessitent souvent un complément en taxi, covoiturage ou marche plus longue. Cette option est surtout pertinente pour un séjour de plusieurs jours dans le Luberon, en combinant hébergements locaux et randonnées en étoile.

Aller en voiture à Apt avant de rejoindre les crêtes du Luberon

Aller en voiture à Apt avant de rejoindre les crêtes du Luberon est une excellente manière d’avoir une base centrale pour rayonner sur le massif. Depuis Aix-en-Provence, on remonte vers le nord par la D96 puis la D943 en direction de Pertuis et Cadenet, avant de rejoindre la D900 vers Apt ; depuis Cavaillon, on suit directement la D900 vers l’est jusqu’à Apt. Une fois à Apt, on peut chaque matin rejoindre en une vingtaine à une trentaine de minutes de route les villages de départ comme Auribeau, Saignon, Cucuron ou Cabrières-d’Aigues, puis revenir le soir profiter des cafés, restaurants et services de la petite ville. C’est la solution idéale pour enchaîner plusieurs randos sur crêtes et plateaux, en changeant d’itinéraire sans changer de valise.

 

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