La randonnée au Mont Ventoux grimpe jusqu’à 1 910 mètres d’altitude environ, sur ce sommet emblématique du Vaucluse qui domine la Provence et le Comtat Venaissin. Depuis les pentes et le sommet, le regard file des Dentelles de Montmirail au Luberon, jusqu’aux Alpes par temps très clair, dans une ambiance tantôt forestière, tantôt lunaire, balayée par le vent. L’atmosphère alterne entre montée sportive sous les sapins, crête minérale et panorama XXL qui justifie largement le surnom de “Géant de Provence”.

Les itinéraires pour une randonnée au Mont Ventoux
La randonnée au Mont Ventoux offre plusieurs façons d’atteindre le sommet, selon que vous préférez une montée directe bien sportive ou un itinéraire plus progressif par les flancs sud. Les sentiers les plus classiques empruntent les alentours de la D974, mais la magie opère dès que l’on quitte l’asphalte pour les pistes forestières et les crêtes de cailloux blancs.
Itinéraire 1 : la montée sportive par le versant sud
Les pentes du Mont Ventoux côté sud sont le terrain de jeu préféré des sportifs qui veulent “se frotter” au Géant de Provence, avec une montée soutenue et un final très minéral.
- Point de départ : Bédoin, centre-village (alt. env. 300 m)
- Distance : environ 20 à 22 km aller-retour selon la variante choisie
- Temps estimé : 6 h à 7 h de marche
- Dénivelé : positif d’environ 1 500 m
- Type d’itinéraire : aller-retour
- Difficulté : difficile (longueur et forte pente)
Les pentes en forêt de Bédoin
Au départ de Bédoin, la randonnée se faufile d’abord entre les maisons et les vergers, encore toute douce, avec cette impression trompeuse que le Ventoux va se laisser apprivoiser sans broncher. Très vite, le sentier gagne la pinède, la pente se cabre et les aiguilles craquent sous les semelles, tandis que l’odeur de résine et de garrigue remplace les effluves de village. À mesure que vous prenez de l’altitude, les lacets s’enchaînent, les cuisses chauffent et l’on se surprend à jeter des regards “discrets” vers le sommet encore bien loin là-haut.
La sortie de la forêt et le décor lunaire
Après la forêt, le paysage change brutalement : finie l’ombre, place aux pierrailles blanches et à ce décor quasi lunaire qui a fait la réputation du Mont Ventoux. Le vent se lève souvent sans prévenir, emportant les conversations et les derniers doutes sur le caractère “sportif” de cette ascension. En levant les yeux, la silhouette de l’antenne et des bâtiments du sommet paraît soudain très proche, mais chaque virage révèle encore quelques mètres de dénivelé à avaler, histoire de bien mériter le panorama.
Le sommet et la grande descente
Au sommet, le 360° coupe littéralement le souffle : Alpes enneigées, Luberon, Baronnies, plaine du Comtat Venaissin, tout le monde est là pour votre moment “clic, clac, photo de profil”. Le regard se perd entre les courbes de la D974, les pierriers et les crêtes alentour, et la tentation est grande de prolonger la pause, adossé à un muret, pour regarder les cyclistes en pleine galère. Vient ensuite le temps de la redescente, à prendre avec prudence sur les cailloux instables : les genoux râlent un peu, mais les vues qui se dégagent à chaque virage et le retour progressif dans la forêt font passer la pilule avec le sourire.
Itinéraire 2 : la montée plus douce par Sault
Les paysages du Mont Ventoux côté Sault offrent un accès plus progressif, avec des pentes moins rudes et une ambiance alternant champs de lavande, forêts et grands horizons sur le plateau d’Albion.
- Point de départ : Sault, centre-bourg (alt. env. 760 m)
- Distance : environ 24 à 26 km aller-retour selon le tracé
- Temps estimé : 6 h à 7 h 30 de marche
- Dénivelé : positif d’environ 1 150 m
- Type d’itinéraire : aller-retour
- Difficulté : intermédiaire (long mais plus progressif)
Les champs et le plateau autour de Sault
Au départ de Sault, la randonnée commence en douceur sur des chemins qui traversent les champs et le plateau, avec parfois les lavandes (en saison) qui servent de tapis coloré sous le massif du Ventoux. Les premières pentes restent raisonnables, parfaites pour se mettre en jambes en discutant, sans se demander encore si c’était bien raisonnable de partir pour le sommet. On alterne entre chemins en balcon, vues sur le village et petites incursions en sous-bois, avec cette impression agréable d’approcher un géant sans se précipiter.
Des forêts aux crêtes
Progressivement, le sentier s’enfonce davantage en forêt, les conifères se densifient et l’ombre devient la meilleure alliée des randonneurs qui commencent à sentir le dénivelé. De temps en temps, une trouée dans les arbres laisse apparaître le plateau d’Albion, les Baronnies ou le Luberon au loin, histoire de rappeler que le panorama final vaudra la sueur. Puis la végétation se fait plus rase, les cailloux prennent le pouvoir et l’on retrouve cette ambiance minérale typique du Ventoux, avec parfois le vent qui vient jouer les invités surprise.
L’arrivée au sommet et le retour
Les derniers mètres jusqu’au sommet sont l’occasion d’un faux suspense : on sait qu’une vue immense vous attend, mais on ne mesure pas vraiment l’étendue des paysages avant de se poster au bord des murets. D’un côté, la Provence et ses villages, de l’autre, les reliefs plus alpins, et au milieu ce ruban de route mythique serpentant jusqu’au ciel. Le retour par le même itinéraire permet de goûter à une descente plus roulante que sur le versant sud, avec de grands tronçons où l’on peut allonger le pas, laisser filer le regard et se promettre déjà de revenir par une autre saison.
Une randonnée spectaculaire et ventée
La randonnée au Mont Ventoux se vit comme une ascension de “petite montagne” à part entière, avec un mélange unique de forêt, de crêtes désertiques et de panoramas qui balaient une bonne partie de la Provence. Les contrastes entre les versants, la lumière changeante et la présence presque permanente du vent donnent à la journée un caractère très vivant, parfois un peu sauvage, toujours mémorable.
Les ambiances selon les pentes
Les forêts du Ventoux offrent des ambiances fraîches et odorantes, avec des pins et sapins qui encadrent le sentier comme un tunnel vert. Par endroits, la lumière se filtre en rayons dorés, faisant ressortir les troncs et les mousses, tandis que les bruits se limitent souvent au vent et au craquement des branches. À mesure qu’on gagne en altitude, la végétation se fait plus rase, les arbres se rabougrissent et la montagne dévoile progressivement son visage minéral, comme si le sommet se préparait à une rencontre en tête-à-tête.
Un sommet aux allures de désert blanc
Au-dessus des stations et des derniers sapins, la montagne se transforme en vaste pierrier clair, presque blanc par beau temps, qui donne au Ventoux cette allure de désert posé au-dessus de la Provence. Le contraste est saisissant entre le bleu du ciel, le gris pâle des cailloux et les taches de végétation éparses, surtout quand le vent vient tracer des vagues imaginaires sur les crêtes. C’est là que l’on prend vraiment conscience du surnom de “mont chauve”, avec la sensation de marcher dans un décor de fin du monde, alors qu’en réalité les villages et les vignes ne sont qu’à quelques kilomètres en contrebas.
Des panoramas à couper le souffle
Une fois au sommet, les panoramas se déploient à 360° : Luberon, Alpilles, Baronnies, Alpes, plaine de la vallée du Rhône, tout semble s’aligner pour composer une carte géante. Les regards s’attardent sur les virages de la route, les villages minuscules et, par temps très clair, les sommets enneigés qui ferment l’horizon au nord. Entre deux photos et un sandwich, on se surprend à jouer à “devine le massif”, tout en gardant un œil sur l’heure pour entamer la descente avant que le vent ne décide de rendre l’ambiance vraiment “tonique”.
Quand aller voir le Mont Ventoux ?
Le Mont Ventoux propose des paysages très différents selon les saisons, et le choix de la période a un vrai impact sur l’ambiance de la randonnée. D’une montée fleurie au printemps à une ascension quasi hivernale sur les hauteurs en fin d’automne, le Géant de Provence change régulièrement de costume.
Au printemps, les piémonts se couvrent de fleurs et la douceur des températures rend l’effort plus agréable, même si le sommet peut encore garder quelques traces de froid et de vent bien frais. En été, les journées sont longues et les couleurs éclatantes, mais la chaleur impose de partir tôt, surtout sur les versants sud très exposés, et de bien surveiller les risques d’orage. L’automne apporte des forêts dorées, des lumières plus douces et des panoramas souvent très nets, tandis que l’hiver peut transformer le sommet en véritable montagne enneigée, réservée aux randonneurs équipés et bien informés sur l’état des conditions.
Comment aller voir le Mont Ventoux ?
Le Mont Ventoux se rejoint facilement depuis les grands axes de la vallée du Rhône et d’Avignon, mais l’accès final se fait toujours par des routes départementales de montagne. Les villages-portes comme Bédoin, Malaucène et Sault servent de base idéale avant de chausser les chaussures de randonnée et de partir à l’assaut du sommet.
Aller en voiture au Mont Ventoux
Les routes vers le Mont Ventoux en voiture partent essentiellement d’Avignon, d’Orange ou de Carpentras, avant de rallier les villages autour du massif par les départementales.
Depuis Avignon, on quitte la ville par la D942 en direction de Carpentras, avant de continuer sur cette même D942 jusqu’aux abords de la ville. À proximité de Carpentras, on récupère la D974 en direction de Bédoin, la célèbre “route du Mont Ventoux” qui grimpe ensuite vers les stations et le sommet. Après Bédoin, la D974 monte en longues courbes jusqu’aux environs de 1 400 m d’altitude, puis file vers le chalet Reynard et le sommet, où l’on trouve des parkings et des points de départ de sentiers.
Depuis Orange, on emprunte d’abord l’autoroute A7 ou l’A9 selon le point d’entrée, puis on rejoint la vallée du Rhône et les environs d’Avignon par les sorties Orange ou Avignon recommandées. En suivant les indications vers Carpentras, on retrouve la D942, puis la D974 qui mène vers Bédoin et le Ventoux. Depuis le nord ou le sud de la vallée du Rhône, l’autoroute A7 reste l’axe principal avant de bifurquer vers le Vaucluse, les routes D974 et D938 étant les grandes artères qui cernent le massif.
Aller en train au Mont Ventoux
Les gares les plus pratiques pour rejoindre le Mont Ventoux sont celles d’Avignon TGV et Avignon Centre, qui permettent ensuite de prendre un train régional ou un bus vers Carpentras et les villages de pied de massif.
Depuis Avignon TGV, on peut emprunter une navette ferroviaire ou bus pour rejoindre Avignon Centre, puis prendre un TER en direction de Carpentras, terminus de la ligne. À l’arrivée à Carpentras, des lignes de bus départementales desservent Bédoin, Malaucène ou Sault (numéros et horaires variables selon la saison), en suivant généralement les routes D974 ou D938. Une fois dans l’un de ces villages, il reste alors à poursuivre à pied, en taxi ou en navette saisonnière vers les stations et les départs de sentiers situés vers 1 400 m d’altitude sur la D974.
Aller en bus au Mont Ventoux
Les services de bus régionaux complètent les trains en assurant la liaison entre Carpentras ou Avignon et les villages du pied du Mont Ventoux.
Depuis Avignon Centre ou Carpentras, des lignes de bus régionales (type cars Zou! ou lignes interurbaines du Vaucluse) rejoignent Bédoin, Malaucène ou Sault en empruntant les grands axes D974 et D938. Les horaires varient selon la période de l’année, avec parfois des renforts en saison touristique, notamment pour accéder aux stations du versant sud par la D974. Il est recommandé de vérifier en amont les numéros de lignes et les correspondances du jour, afin d’optimiser le temps de trajet et de caler l’horaire de bus sur celui de votre randonnée.
Combien de temps dure la randonnée au Mont Ventoux ?
La durée d’une randonnée au Mont Ventoux dépend fortement de l’itinéraire, du point de départ et du niveau de forme, mais une ascension aller-retour jusqu’au sommet se compte généralement en longue journée de marche.
Pour un départ depuis Bédoin avec environ 1 500 m de dénivelé positif, il faut compter entre 6 h et 7 h de marche, pauses incluses, pour gravir puis redescendre le sommet par le même versant. Depuis Sault, malgré une distance un peu plus longue, la pente plus douce permet de rester dans des temps similaires, autour de 6 h à 7 h 30 selon le rythme et les conditions. Il est donc préférable de partir tôt le matin, surtout en été, afin de profiter des meilleures températures et d’éviter de terminer la descente dans la pénombre ou sous un orage tardif.

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