La randonnée au pic d’Anie est une ascension vers un sommet calcaire emblématique des Pyrénées occidentales, perché à environ 2 504 m d’altitude entre Béarn et Pays basque, au-dessus du cirque de Lescun et de la station de La Pierre‑Saint‑Martin. Depuis sa pyramide isolée, la vue balaie les Orgues de Camplong, le Billare, les hauts plateaux karstiques et une mer de sommets, dans une ambiance minérale, sauvage et un brin lunaire.
Une randonnée minérale et sauvage au pic d’Anie
Le pic d’Anie est une montagne pyramidale posée au milieu d’un immense lapiaz, avec un itinéraire qui se faufile d’abord entre pâturages et pins avant de plonger dans un décor de pierre très dépaysant.

Itinéraire classique depuis La Pierre‑Saint‑Martin
Les pentes du pic d’Anie se découvrent très bien par l’itinéraire classique au départ de la station de La Pierre‑Saint‑Martin, qui traverse le plateau karstique avant de rejoindre le col des Anies puis la pyramide sommitale.
- Point de départ : parkings de la station de La Pierre‑Saint‑Martin, vers 1 650 m d’altitude.
- Distance : environ 14 à 17 km aller‑retour selon la variante (Pescamou, col des Anies, boucle partielle).
- Temps estimé : 6 h 30 à 8 h de marche, pauses comprises.
- Dénivelé : environ +1 000 à +1 100 m de dénivelé positif, avec de longues sections vallonnées en lapiaz.
- Type d’itinéraire : aller‑retour ou grande boucle, selon le retour choisi (Pescamou / col des Anies).
- Difficulté : difficile, itinéraire long, terrain karstique, orientation délicate par brouillard, passages où l’on pose les mains.
À travers les pâturages de la Pierre‑Saint‑Martin
Les pentes du pic d’Anie se laissent d’abord apprivoiser en douceur : depuis les parkings, le sentier remonte pistes et prairies d’altitude de la station, avec vue sur les remontées mécaniques qui semblent encore assoupies hors saison. Très vite, la montagne reprend ses droits : l’herbe remplace le bitume, quelques pins et bosquets ponctuent le paysage, et les premiers cairns signalent que l’on bascule dans un univers résolument montagnard. Déjà, le profil triangulaire du pic d’Anie se devine à l’horizon, comme un phare minéral qui surveille votre progression.
À mesure que l’on avance, les pâturages s’ouvrent sur de larges replats où paissent vaches et brebis, avec, en toile de fond, les sommets frontaliers. Les conversations roulent encore facilement, on plaisante sur la longueur annoncée de la randonnée pic d’anie, et on se surprend à multiplier les pauses photo alors que le vrai dénivelé n’a pas encore commencé. Par instants, le regard accroche déjà les premières zones de lapiaz, ces étranges dalles de calcaire qui annoncent le changement de décor.
Puis le sentier franchit un col ou un ressaut facile et le ton se durcit déjà un peu : moins d’herbe, plus de pierre, plus de sensation de “grande montagne”. Le vent se fait plus présent, les bruits de la station disparaissent derrière la crête, et la silhouette du pic d’Anie gagne en netteté à chaque pas. C’est souvent là que l’on se dit que la journée va être longue… mais sacrément belle.
Dans le royaume du lapiaz
Les plateaux karstiques du pic d’Anie s’imposent ensuite d’un coup : le sentier plonge dans un dédale de dalles grises, de crevasses, de gouffres et de blocs sculptés par l’eau. Le balisage (cairns, traces de peinture) devient votre meilleur allié, parce qu’ici, perdre le fil du chemin est étonnamment facile, surtout par temps couvert. Chaque pas demande un peu plus d’attention : on saute de dalle en dalle, on enjambe des fissures, on zigzague entre des trous qui donnent envie de garder les bâtons bien en main.
Dans ce décor presque lunaire, le pic d’Anie se montre parfois, disparaît derrière un relief, puis réapparaît, toujours un peu plus proche. La montée devient plus irrégulière : on descend légèrement, on remonte, on traverse des creux, ce qui fait grimper le dénivelé cumulé sans que le sommet semble se rapprocher aussi vite qu’espéré. L’ambiance, elle, est unique : silence minéral, échos de voix qui résonnent dans les creux, présence discrète de quelques isards ou rapaces qui surveillent ce drôle de ballet humain.
En approchant du col des Anies, la pyramide sommitale se dresse franchement, dominant le chaos de pierre. Le col marque un vrai jalon : pause, gorgée d’eau, regard circulaire sur les Orgues de Camplong et les crêtes voisines, et petite vérification du timing. De là, la trace se fait plus directe vers la face nord‑ouest du pic, dans une pierraille plus raide qui donne ce dernier parfum d’alpinisme à la randonnée.
La montée finale vers le sommet
Les derniers mètres du pic d’Anie s’attaquent dans un registre plus raide et plus minéral : le sentier se transforme en sente dans la pierraille, avec quelques ressauts où il faut poser les mains. Rien de vraiment technique par temps sec pour un randonneur habitué, mais de quoi réveiller le sens de l’équilibre et rappeler qu’on est en haute montagne. Les petits cailloux roulent parfois sous les semelles, les bâtons deviennent encombrants sur certains passages, et la concentration monte autant que le cardio.
Virage après virage, la pente se redresse puis s’adoucit, jusqu’à déboucher sur l’arête sommitale. En un instant, le regard plonge à la fois vers le cirque de Lescun, la vallée d’Aspe, la Pierre‑Saint‑Martin et les sommets lointains : on a vraiment l’impression d’être sur un promontoire planté au milieu du vide. Clic, clac, c’est le moment “Kodak” à 360°, version “ne pas trop s’approcher du bord quand même”.
L’atmosphère au sommet oscille entre recueillement et jubilation : certains cherchent du regard le Billare, d’autres commentent le tracé du retour à travers le lapiaz, d’autres encore sortent le fromage de brebis et le saucisson pour célébrer dignement l’exploit. Puis vient le moment de redescendre, en gardant un peu d’énergie pour les sauts de dalle à travers le karst sur le chemin retour. Le pic d’Anie, derrière vous, semble déjà vous faire un clin d’œil discret, façon “à la prochaine”.
Quand aller voir le pic d’Anie ?
Le pic d’Anie est un sommet de haute altitude où la neige reste souvent tard en saison, ce qui limite la période idéale pour une ascension à pied sans équipement spécifique.
- Dates d’ouverture : globalement du 15/06 au 15/10 pour une randonnée estivale classique, selon l’enneigement et la météo.
Pic d’Anie au fil des saisons
Le pic d’Anie change radicalement d’allure au fil de l’année, tout en gardant son allure de pyramide isolée.
Paysages printaniers et estivaux du pic d’Anie
Au printemps, les versants inférieurs verdissent pendant que les hauteurs restent encore largement enneigées : les contrastes entre le blanc des plaques de neige et le gris du lapiaz donnent au massif une allure presque polaire. Les ruisseaux gonflés par la fonte ponctuent le paysage de petites cascades, et certaines portions de l’itinéraire demandent encore de négocier des névés. En été, le massif dévoile pleinement son décor de pierre : lapiaz quasiment sec, pentes sommitales dégagées, longues journées permettant de prendre son temps sur cette grande randonnée pic d’anie.
Paysages automnaux et hivernaux du pic d’Anie
À l’automne, la lumière devient plus dorée, les vallées se parent de teintes rousses tandis que le lapiaz garde sa couleur grise imperturbable. Les contrastes entre les forêts colorées en contrebas et le monde minéral du sommet renforcent cette impression d’être entre deux saisons. L’hiver, le pic d’Anie bascule dans un univers très montagnard : couloirs enneigés, corniches et lapiaz piégeux sous la neige composent un décor splendide mais exigeant, à aborder uniquement en mode alpinisme ou ski de randonnée très encadré.
Les différentes activités au pic d’Anie
Le pic d’Anie est avant tout un terrain de jeu pour la randonnée sportive et les longues journées en montagne.
Activités printanières et estivales du pic d’Anie
Au printemps et en été, l’activité principale reste la marche, avec l’ascension depuis La Pierre‑Saint‑Martin comme objectif phare. Les randonneurs les plus aguerris en profitent pour combiner le sommet avec d’autres crêtes et sommets voisins, tandis que les marcheurs plus tranquilles se contentent d’itinéraires panoramiques autour de la station. La découverte du karst, des gouffres et des belvédères sur le cirque de Lescun constitue déjà une belle sortie, même sans aller jusqu’au sommet.
Activités automnales et hivernales du pic d’Anie
En automne, la randonnée reste reine, mais les jours plus courts et la météo plus changeante invitent à partir tôt et à bien préparer son itinéraire. L’hiver, le secteur devient le royaume du ski alpin et du ski de fond à La Pierre‑Saint‑Martin, ainsi que des sorties en raquettes sur des itinéraires balisés. Le pic lui‑même sert alors surtout de toile de fond spectaculaire : les courses hivernales vers son sommet ne sont à envisager que pour des pratiquants expérimentés, idéalement encadrés par des professionnels.
Comment aller voir le pic d’Anie ?
Le pic d’Anie se rejoint principalement via la station de La Pierre‑Saint‑Martin ou, en toile de fond, depuis le cirque de Lescun, en combinant parfois train et bus jusqu’aux vallées béarnaises.
Aller en voiture au pic d’Anie
Le pic d’Anie est le plus souvent approché en voiture en visant la station de La Pierre‑Saint‑Martin, point de départ classique de l’ascension. Depuis Oloron‑Sainte‑Marie, on remonte la vallée de Barétous par la D918 en direction d’Arette, puis de la station de La Pierre‑Saint‑Martin, où des parkings attendent les randonneurs au départ des sentiers. Depuis la vallée d’Aspe (Bedous, Lescun), on rejoint également le secteur par la route, avec de beaux points de vue sur le cirque et sur la pyramide du pic d’Anie qui se détache fièrement sur l’horizon.
Aller en train au pic d’Anie
Le pic d’Anie ne dispose pas de gare à son pied, mais les vallées béarnaises restent accessibles par le rail. On rejoint d’abord Oloron‑Sainte‑Marie ou Bedous en train depuis Pau, puis l’on poursuit en bus régional, en taxi ou en covoiturage vers Arette et La Pierre‑Saint‑Martin. Depuis ces villages, la montée finale jusqu’à la station se fait par la route de montagne, avant de retrouver les parkings de départ de la randonnée.
Aller en bus au pic d’Anie
Le pic d’Anie peut enfin être approché en bus jusqu’aux bourgs de vallée, avant de terminer le trajet par un autre moyen motorisé. Des lignes régionales desservent Oloron‑Sainte‑Marie, Arette ou d’autres villages du piémont, surtout en saison estivale ou hivernale. Depuis ces points d’accès, il reste à organiser le dernier tronçon vers La Pierre‑Saint‑Martin (navettes saisonnières, taxi, covoiturage) avant de chausser les chaussures de randonnée et de s’élancer vers le royaume du lapiaz.
Combien de temps dure la randonnée au pic d’Anie ?
Le pic d’Anie demande une vraie journée de marche, surtout si l’on part de La Pierre‑Saint‑Martin et que l’on prend le temps de traverser le lapiaz en toute sérénité.
Durée estimée pour la randonnée au pic d’Anie
La randonnée au pic d’Anie depuis La Pierre‑Saint‑Martin demande en moyenne entre 6 h 30 et 8 h de marche, pauses comprises, pour un randonneur à l’aise en montagne. La montée concentre une bonne part de l’effort, surtout dans le lapiaz puis dans la pente finale, ce qui peut représenter 4 h ou plus selon le rythme et le nombre de pauses photos. La descente, plus rapide sur le papier, reste exigeante pour les chevilles et la concentration, car les dalles et crevasses du karst demandent de rester attentif presque jusqu’au dernier pas.
Durée et itinéraires au pic d’Anie
Les durées varient selon que l’on choisit un aller‑retour “simple” par l’itinéraire classique ou une grande boucle combinant différents cols. Un parcours direct par La Pierre‑Saint‑Martin, le col des Anies et retour par le même chemin reste dans la fourchette des 7 h, tandis qu’une boucle plus ambitieuse, incluant par exemple d’autres passages de cols ou variantes, peut facilement atteindre 8 h à 9 h de marche. Chaque grand point de vue — franchissement du karst, col des Anies, pied de la face finale, sommet — devient un jalon qui structure la journée et influe sur la durée globale.
Durée et randonneur
La durée réelle d’une randonnée pic d’anie dépendra énormément du niveau de chaque randonneur et de son aisance dans les terrains pierreux. Un marcheur très sportif, habitué aux itinéraires longs et techniques, pourra se situer dans le bas de la fourchette de temps, tout en profitant des panoramas. Un randonneur plus contemplatif ou moins expérimenté préférera partir tôt, prévoir 8 h ou plus, inclure un long pique‑nique au sommet ou au col des Anies, et laisser de la marge pour revenir sereinement à travers le lapiaz. Il est aussi possible de compléter la journée par d’autres activités plus douces à La Pierre‑Saint‑Martin (balades familiales, découverte du karst, détente en vallée) pour prolonger l’ambiance de montagne après cette belle ascension.

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