20 étapes sur le Route des Vins

Voici un itinéraire en 20 étapes pour une “route des vins” en France, pensé comme un fil rouge à travers plusieurs grandes régions viticoles (Alsace, Bourgogne, Bordeaux, Loire, Vallée du Rhône, Champagne, Sud-Ouest). 

1. Se mettre dans l’ambiance à Strasbourg et sur la route des vins d’Alsace

Commencez par une mise en bouche entre maisons à colombages, winstubs et collines couvertes de vignes.

Flâner dans Strasbourg avant les vignes

Strasbourg offre cathédrale gothique, Petite France et canaux, parfaits pour démarrer à pied. Vous goûtez déjà aux spécialités alsaciennes (tarte flambée, bretzel, choucroute) pour préparer le palais. La ville est une excellente base pour rayonner en voiture ou à vélo vers les villages viticoles.

Entrer sur la route des vins par Marlenheim ou Molsheim

Aux portes de la ville, la route des vins file vers le sud en direction de Marlenheim, Molsheim puis Obernai. Premier arrêt dans un caveau pour comprendre les bases : riesling, gewurztraminer, pinot gris, sylvaner, crémant. Le vigneron explique terroirs, coteaux, expositions ; vous dégustez quelques cuvées (en prévoyant un conducteur sobre ou une solution de transport).

 

2. Multiplier les haltes de village en village en Alsace

Sur cette route, le principe est simple : rouler doucement et s’arrêter souvent.

Découvrir Obernai, Andlau, Riquewihr, Ribeauvillé, Kaysersberg

De village en village, vous enchaînez façades à pans de bois, enseignes en fer forgé, balcons fleuris et remparts. Chaque bourgade a son charme : Obernai et sa place du marché, Andlau lové au pied des vignes, Riquewihr ceinturé de murs, Ribeauvillé et ses tours, Kaysersberg avec son pont fortifié. Vous alternez photos, flânerie, caves voûtées et petites terrasses ensoleillées.

Déguster en cave et repérer les grands crus

Les panneaux dans les vignes indiquent les grands crus et leurs noms parfois poétiques. En cave, vous comparez un riesling sec et droit avec un gewurztraminer plus aromatique, puis un pinot noir local. Vous demandez conseil pour comprendre la garde, les accords mets-vins et la différence entre cuvée “classique” et “grand cru”. Les cartons commencent doucement à remplir le coffre.

 

3. Plonger sur la route des Grands Crus en Bourgogne

Cap ensuite sur la Bourgogne, entre Dijon et Beaune, le long d’un ruban de vignes mondialement connu.

S’arrêter à Dijon, porte d’entrée gourmande

Dijon mêle palais des ducs, ruelles médiévales et marchés animés. Vous en profitez pour découvrir moutardes, pains d’épices, escargots et premiers pinots noirs bourguignons. C’est aussi l’occasion de visiter un espace dédié au vin et à la gastronomie pour apprivoiser la notion de “climat” bourguignon.

Descendre vers Gevrey-Chambertin, Vosne-Romanée, Nuits-Saint-Georges

Au sud de Dijon, la route des Grands Crus traverse des villages dont les noms figurent sur les plus belles étiquettes. Gevrey-Chambertin, Vougeot, Vosne-Romanée, Nuits-Saint-Georges se succèdent, entourés de petites parcelles soigneusement délimitées. Vous réservez une ou deux visites par jour, pour comprendre à quel point quelques mètres de différence peuvent changer un vin.

 

4. Faire étape à Beaune, capitale des vins de Bourgogne

Beaune sert à la fois de base, de halte culturelle et de terrain de jeu pour les amateurs de vin.

Visiter les Hospices de Beaune et les caves en ville

Les Hospices, avec leur toit vernissé, racontent l’histoire d’un hôpital de charité financé par les vignes. Vous parcourez salles, cour intérieure et musée, puis enchaînez avec une visite de caves d’un négociant ou d’un domaine de la vieille ville. Les grandes salles voûtées, les barriques alignées et l’odeur de vin en vieillissement complètent la mise en scène.

Explorer la Côte de Beaune et la Côte Chalonnaise

Depuis Beaune, vous rayonnez vers Meursault, Pommard, Volnay, Puligny-Montrachet, Santenay, puis éventuellement plus au sud vers Givry ou Mercurey. Les blancs jouent la carte du chardonnay fin, boisé ou tendu selon le style, quand les rouges déclinent le pinot noir en nuances. Entre deux visites, quelques haltes dans des bistrots ou tables gastronomiques permettent d’expérimenter les accords en situation réelle.

 

5. Entrer en terre bordelaise par Bordeaux ville

Changement d’échelle : Bordeaux, ville de pierre et de vin, concentre bien des introductions utiles.

Découvrir les quais, le centre et les bar à vins

Vous vous promenez le long de la Garonne, traversez places monumentales et ruelles commerçantes, puis testez un bar à vins pour goûter plusieurs appellations au verre. C’est le moment idéal pour faire la différence entre bordeaux rouge, blanc sec, liquoreux, clairet, crémant. Une visite d’un espace muséographique dédié au vin aide à structurer toutes ces notions.

Préparer vos journées dans le Médoc, Saint-Émilion et Graves

Depuis Bordeaux, vous planifiez vos excursions : au nord-ouest vers le Médoc, à l’est vers la rive droite et Saint-Émilion, au sud vers Graves et Sauternes. Pour chaque journée, vous listez deux ou trois châteaux accessibles, en vérifiant horaires et conditions de visite. Le rythme devient : route, chai, dégustation, photo devant le château, puis petite balade ou déjeuner sur le pouce.

 

6. Remonter la “route des châteaux” dans le Médoc

La route qui longe la Gironde aligne certains des domaines les plus célèbres du monde.

Longer Margaux, Saint-Julien, Pauillac, Saint-Estèphe

La route serpente entre grands portails, parcs impeccables et chais parfois ultra-design. Vous apercevez ces châteaux aux noms mythiques, parfois ouverts aux visites sur réservation. Les guides expliquent sols de graves, cabernet sauvignon dominant, assemblages, élevage en barrique. Chaque dégustation devient une mini-leçon d’architecture… liquide.

Profiter du paysage de vignes et d’estuaire

Entre deux visites, vous faites une halte au bord de l’estuaire pour voir les carrelets et les quais. Dans les vignes, la lumière de fin de journée sur les rangées parfaitement alignées est difficile à ne pas photographier. Une nuit en chambre d’hôtes viticole permet de vivre l’ambiance au plus près, du petit-déjeuner à la dernière étoile.

 

7. Se laisser charmer par Saint-Émilion et la rive droite

Ambiance médiévale et collines couvertes de merlot.

Explorer le village de Saint-Émilion

Vous grimpez dans les ruelles pavées, visitez l’église monolithe, les cloîtres, les points de vue sur les vignes. Les caves troglodytes et boutiques de vin ponctuent chaque rue. Une visite guidée permet d’aborder rassasiement, classification des crus et organisation des propriétés.

Visiter quelques châteaux alentour

Dans un rayon de quelques kilomètres, une multitude de domaines ouvrent leurs portes. Vous choisissez un château familial pour une approche intime, et un cru plus réputé pour découvrir une autre échelle. Le merlot dominant se découvre en diverses interprétations : plus fruité, plus structuré, plus boisé selon les mains qui le façonnent.

 

8. Suivre la Loire sur la route des vins ligériens

La Loire offre une grande diversité, du muscadet de l’Atlantique aux sauvignons de Sancerre.

Choisir un tronçon selon vos goûts

Si vous aimez les blancs secs marins, vous commencez côté Nantes ; pour les chenins, vers Angers, Saumur, Vouvray ; pour les rouges plus légers et les sauvignons, vers Chinon, Bourgueil, Sancerre. Vous pouvez découper la Loire en plusieurs séjours ou concentrer un voyage sur un segment précis.

Alterner caves, bords de Loire et châteaux

Les caves troglodytes de la région de Saumur, les domaines le long du fleuve ou les coteaux de Sancerre se visitent facilement en voiture ou en vélo. Entre deux dégustations, les rives offrent des spots parfaits pour pique-niques et couchers de soleil. Vous glissez parfois un château de la Loire dans la journée pour combiner patrimoine et vignoble.

 

9. Ajouter une étape en Champagne autour de Reims

Pour rester sur les bulles françaises emblématiques, direction la Champagne.

Visiter Reims et ses grandes maisons

Sous la ville, des kilomètres de crayères abritent des millions de bouteilles. Vous réservez une visite dans une ou deux grandes maisons pour comprendre pressurage, prise de mousse, vieillissement sur lattes, dosage. Les galeries voûtées, les pupitres et les gyropalettes composent un décor à part entière.

Découvrir la route touristique du Champagne

Autour de Reims et Épernay, une route balisée traverse les coteaux où poussent pinot noir, pinot meunier et chardonnay. Vous alternez grandes maisons et vignerons indépendants, pour voir les deux faces de la région. Le paysage de collines couvertes de vignes, ponctué de villages coquets, accompagne chaque kilomètre.

 

10. Goûter à l’Alsace version crémant et grands crus (retour ou début)

Si vous avez commencé ailleurs, l’Alsace peut aussi être une étape de clôture.

Approfondir crémant et grands crus

Vous revenez voir un ou deux vignerons repérés lors du premier passage, pour approfondir la gamme. Cette fois, vous vous concentrez sur un cépage ou un terroir spécifique. Cela permet de mesurer la notion de millésime et l’effet du sol sur le verre.

Terminer par un dîner accord mets-vins

Dans un winstub, vous laissez le sommelier proposer un accord complet sur le menu : entrée, plat, dessert. Les vins alsaciens se montrent très polyvalents, des poissons aux plats épicés. C’est une excellente façon de clôturer un segment de route des vins avec une note gourmande.

 

11. Découvrir la vallée du Rhône nord (Côte-Rôtie, Condrieu…)

La route descend ensuite le long du Rhône, entre falaises et terrasses de vignes.

Faire halte à Vienne ou Condrieu

Vienne, avec ses vestiges romains, est une bonne base pour explorer la partie nord. Condrieu offre un visage plus intimement viticole, tournée vers les coteaux abrupts. Vous profitez des marchés, des terrasses, et préparez vos visites chez les vignerons.

Déguster syrah et viognier sur les pentes

Les appellations Côte-Rôtie, Condrieu, Saint-Joseph se construisent sur des terroirs en terrasses sculptées dans la roche. Vous enchaînez visites de caves où la syrah se montre profonde, poivrée, et où le viognier dévoile ses arômes de fruits jaunes et fleurs. Les panoramas sur le fleuve ajoutent à la dégustation.

 

12. Continuer vers le Rhône sud (Châteauneuf-du-Pape et voisins)

Plus au sud, le paysage change, la garrigue arrive, les galets roulés aussi.

S’arrêter à Avignon comme base

Avignon permet de mêler Palais des Papes, pont célèbre, petites places et restaurants. Vous y dormez et rayonnez vers les villages viticoles environnants. L’ambiance devient plus méditerranéenne, des ruelles à l’assiette.

Explorer Châteauneuf-du-Pape, Gigondas, Vacqueyras

Les vignes plantées sur les galets chauffés par le soleil produisent des rouges riches et épicés. Vous visitez quelques domaines, découvrez les cuves béton, inox, bois et les chais enterrés. Les dégustations vous font passer des assemblages de grenache-syrah-mourvèdre aux cuvées plus atypiques. Le tout se marie admirablement avec la cuisine provençale.

 

13. Ajouter une étape dans le Sud-Ouest (Gaillac, Cahors, Bergerac…)

La route des vins du Sud-Ouest permet de découvrir des cépages plus confidentiels.

Choisir une zone selon le temps disponible

Gaillac propose un grand choix de styles, Cahors met le malbec en vedette, Bergerac et Pécharmant offrent de bons rapports qualité-prix, Jurançon brille pour ses blancs doux et secs. Vous choisissez une zone et concentrez vos visites pour ne pas passer votre temps sur la route.

Rencontrer des vignerons aux profils variés

Dans ces vignobles, beaucoup de domaines restent de taille familiale, avec une approche très directe. Vous discutez dans la cour, parfois avec le propriétaire qui sort les bouteilles de la cuisine. Les histoires de cépages oubliés, de conversion bio ou de transmission familiale rythment les dégustations.

 

14. Intégrer une dimension “slow” à vélo ou à pied

La route des vins ne se limite pas à la voiture.

Parcourir une portion à vélo

Plusieurs régions disposent de pistes cyclables ou petites routes tranquilles à travers les vignes (Alsace, Loire, Bourgogne…). Vous louez un vélo classique ou électrique et planifiez une boucle avec 1 ou 2 arrêts dégustation maximum (ou des visites sans alcool si vous tenez au guidon). Le rythme change, les odeurs de terre et de feuilles deviennent plus présentes.

Marcher entre deux villages viticoles

Certains itinéraires balisés relient les villages à pied. Vous traversez les rangs, vous arrêtez devant les panneaux explicatifs, observez les sols, les murets, les cabottes. C’est l’occasion de voir la vigne de près, en dehors du cadre de la cave. Un pique-nique dans un coin autorisé clôture idéalement la balade.

 

15. Prévoir des pauses “sans vin” pour tenir sur la longueur

Un bon voyage sur la route des vins, c’est aussi des respirations.

Insérer des journées 100% visite ou nature

Vous intercalez des journées consacrées à un château, une ville, un parc naturel ou un spa. Cela permet au corps et au palais de souffler. Vous revenez ensuite aux caves avec un regard neuf et moins de fatigue.

Miser sur l’offre culturelle locale

Musées, sites historiques, festivals, marchés… chaque région viticole propose une offre culturelle riche. En vous y intéressant, vous comprenez mieux le contexte dans lequel les vins sont nés. Le voyage devient alors plus complet qu’un simple marathon de dégustations.

 

16. Travailler votre carnet de route (et de cave)

Pour tirer le meilleur de la route des vins, quelques réflexes utiles.

Noter vos impressions sur chaque domaine

Après chaque visite, vous prenez une minute pour noter le nom du domaine, le ou les vins préférés, l’ambiance, les conseils du vigneron. Ces notes deviennent précieuses au moment de re-commander, des mois plus tard. Elles vous évitent aussi d’oublier d’où vient “ce super rouge de la petite cave”.

Garder une photo de l’étiquette

Un simple cliché de la bouteille ou de la carte de visite stocké dans un album dédié suffit à constituer votre bibliothèque. En rentrant, vous pouvez trier, classer, partager avec vos proches. C’est aussi une manière agréable de prolonger le voyage.

 

17. Adopter la dégustation responsable

Route des vins ne rime pas avec inconscience.

Organiser les transports intelligemment

Vous prévoyez un conducteur qui ne boit pas, alternez les jours de voiture avec train + vélo, ou utilisez les services de transport locaux si possible. Le but n’est pas de tester vos limites, mais votre curiosité. En cave, vous pouvez recracher en toute simplicité : les professionnels y sont habitués, personne ne vous jugera.

Manger suffisamment et boire de l’eau

Vous accompagnez les dégustations de grignotages ou de repas, et vous gardez toujours une bouteille d’eau à portée. C’est plus agréable pour vous, plus respectueux pour les vignerons, et plus sûr pour la suite de la journée. La route des vins doit rester un plaisir, pas un exploit.

 

18. Varier les styles de vins et de domaines

Pour éviter la lassitude, la diversité est votre meilleure alliée.

Mélanger petites propriétés et grands noms

Vous combinez visites chez de grands domaines réputés et haltes chez des vignerons plus confidentiels. Les premiers permettent de voir une organisation très structurée ; les seconds offrent souvent un contact plus direct. Les deux enrichissent le voyage différemment.

Explorer toutes les couleurs et tous les sucres

Rouge, blanc sec, blanc moelleux, rosé, bulles… chaque région propose plusieurs facettes. Vous osez sortir de vos habitudes : un liquoreux local, un blanc de macération, un rosé de gastronomie. Les bonnes surprises viennent souvent de là où on ne les attend pas.

 

19. Glisser quelques expériences “hors cave”

Certaines activités complètent à merveille le thème du vin.

Participer à un atelier œnologique

Dans les grandes villes ou certains domaines, des ateliers initient à l’analyse sensorielle : reconnaître les arômes, juger la structure, associer des mets. En une ou deux heures, vous gagnez un peu de vocabulaire et beaucoup de confiance. Les dégustations suivantes deviennent plus intéressantes.

Découvrir les accords avec les produits du terroir

Fromages locaux, charcuteries, poissons, chocolat, épices… de nombreux producteurs organisent des ateliers communs avec des vignerons. Vous goûtez plusieurs combinaisons, apprenez ce qui fonctionne ou non. Ces expériences restent souvent parmi les meilleurs souvenirs du voyage.

 

20. Clore la route des vins avec une dernière soirée “verre à la main, vue panoramique”

Peu importe la région où vous terminez : l’important est la manière.

Choisir un spot avec vue

Dernier soir, vous cherchez une terrasse surplombant les vignes, les toits d’une ville ou un fleuve. Vous commandez un verre d’un vin découvert pendant le séjour. Le paysage et le goût se superposent une dernière fois.

Faire le bilan de votre itinéraire

Vous repassez mentalement les régions traversées, les domaines favoris, les meilleurs repas, les rencontres marquantes. Vous décidez quelles bouteilles garderez-vous longtemps, lesquelles ouvrirez-vous rapidement pour raconter le voyage autour de vous. Et, forcément, une idée apparaît : la prochaine route des vins, ce sera où ?

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