3 itinéraires de randonnée aux Gorges de la Nesque

La randonnée aux gorges de la Nesque est une escapade entre 500 et 870 mètres d’altitude environ, au cœur du Vaucluse, sur les contreforts du Mont Ventoux. Ce canyon spectaculaire, creusé par la Nesque entre Monieux et Villes-sur-Auzon, déroule falaises calcaires, corniches vertigineuses, chapelle troglodyte et points de vue sur le rocher du Cire. L’ambiance y est sauvage et minérale, avec un parfum de garrigue, des buis serrés autour du sentier et un silence seulement troublé par le vent et le cri des rapaces.

Gorges de la nesque Randonnée provence Alpes Côte d'Azur
Les Gorges de la Nesque avec circuit vélo

Les itinéraires pour une randonnée aux gorges de la Nesque

Les itinéraires pour une randonnée aux gorges de la Nesque s’articulent surtout autour des boucles au départ de Monieux et de la route panoramique, avec des variantes plus ou moins longues vers la chapelle Saint-Michel et le rocher du Cire.

Itinéraire 1 : La grande boucle de Monieux, chapelle Saint-Michel et balcon sur les gorges

Les gorges de la Nesque au départ de Monieux proposent une boucle emblématique qui descend vers le fond des gorges, rejoint la chapelle troglodyte Saint-Michel puis remonte en balcon sur l’autre versant avant de revenir au village.

  • Point de départ : Monieux, secteur du plan d’eau / chemin du Plan d’Eau

  • Distance : environ 10 à 14,5 km selon la variante choisie

  • Temps estimé : 4h30 à 5h30 de marche

  • Dénivelé : environ +570 à +700 m de dénivelé positif

  • Type d’itinéraire : Boucle

  • Difficulté : Intermédiaire (passages rocheux, longueur et dénivelé)

Itinéraire 2 : Le belvédère de Castelleras et la descente sportive

Les gorges de la Nesque vues depuis le belvédère de Castelleras permettent une immersion plus engagée : descente raide dans les gorges depuis la route touristique, passages aériens et ressauts rocheux avant de remonter par un itinéraire tout aussi spectaculaire.

  • Point de départ : Belvédère de Castelleras sur la route touristique des gorges

  • Distance : environ 7 à 8 km selon les variantes

  • Temps estimé : 3h à 4h

  • Dénivelé : environ +400 à +450 m

  • Type d’itinéraire : Boucle ou aller-retour selon le tracé

  • Difficulté : Difficile (passages exposés, désescalades, sentier étroit)

Itinéraire 3 : Boucles raccourcies autour de Monieux

Les gorges de la Nesque peuvent aussi se découvrir via des boucles plus courtes au départ de Monieux, qui offrent déjà de beaux belvédères et des descentes partielles dans la gorge sans enchaîner toute la grande boucle.

  • Point de départ : Monieux / plan d’eau du Bourget

  • Distance : environ 7,5 à 10 km

  • Temps estimé : 2h30 à 4h

  • Dénivelé : environ +400 à +570 m

  • Type d’itinéraire : Boucle

  • Difficulté : Intermédiaire (quelques passages rocheux mais globalement accessibles à un randonneur habitué)

Combien de temps dure la randonnée aux gorges de la Nesque

La randonnée aux gorges de la Nesque dure de 2h30 à 4h pour les boucles raccourcies, et de 4h30 à 5h30 pour la grande boucle de Monieux, selon le rythme, les pauses photos et l’envie de descendre jusqu’à la chapelle troglodyte ou de prolonger sur les corniches en balcon.

Récit de randonnée aux gorges de la Nesque

La mise en route depuis Monieux : village perché et premiers belvédères

Les gorges de la Nesque au départ de Monieux commencent dans une ambiance de village provençal perché, où les ruelles en pierre et les volets colorés donnent presque envie de rester en terrasse… mais les falaises appellent. Dès que l’on quitte le cœur du village pour rejoindre le plan d’eau et le départ du sentier, la garrigue prend le relais : chênes, buis et genêts encadrent le chemin, et le parfum de thym et de romarin chatouille les narines. Le bois craque doucement sous vos pas sur les sections en sous-bois, tandis que le Ventoux, derrière, garde un œil sur la scène.

Au fil de la marche, le sentier se rapproche progressivement du bord des gorges, et les premiers belvédères se dévoilent presque par surprise. On avance encore entre buis serrés et lapiaz, puis d’un coup, trouée : en contrebas, un canyon profond, des parois verticales et, quelque part là-bas, le lit de la Nesque, souvent invisible mais bien présent. Clic, clac, le téléphone mitraille ; on joue au “repère le rocher du Cire” sur la paroi d’en face, pendant que le vent remonte la gorge et apporte un peu de fraîcheur bienvenue.

Puis le chemin commence à descendre plus franchement, la pente se fait sentir dans les cuisses, et la marche se transforme peu à peu en “crapahute” contrôlée. On se faufile entre blocs, on pose parfois les mains pour franchir un ressaut, et le bois qui craque sous vos pas laisse place au frottement des semelles sur la pierre. L’impression d’entrer dans le canyon, de laisser le plateau derrière soi, s’installe clairement à mesure que les falaises se referment autour du sentier.

La descente vers la chapelle Saint-Michel : ambiance troglodyte

Les gorges de la Nesque prennent une dimension quasi médiévale à mesure que l’on approche de la chapelle Saint-Michel, construite à même la falaise. Le sentier se rapproche du fond de gorge, serpente dans un décor de blocs effondrés, de petites corniches et de fissures où s’accrochent buis et arbustes coriaces. À chaque virage, la lumière change, filtrée par les parois, avec parfois cette impression de marcher dans un couloir rocheux sculpté par le temps et les crues.

La chapelle apparaît soudain, blottie dans la paroi comme un secret bien gardé, minuscule face à l’immensité des gorges. On s’en approche par un sentier un peu aérien, où le bois craque moins mais où les pierres roulent parfois, ce qui incite à ne pas trop rêvasser en marchant. Une fois devant l’édifice, difficile de ne pas imaginer la vie des gens qui ont construit ça ici, au XIIᵉ siècle, loin de tout, avec les seules gorges comme horizon ; l’écho des pas et le silence environnant renforcent encore cette impression de voyage dans le temps.

Après la chapelle, la remontée sur l’autre versant commence, rarement en douceur. Le sentier grimpe en lacets sur une pente parfois raide, mettant les quadriceps au défi tandis que le souffle suit comme il peut. Mais à chaque pause, la récompense est au rendez-vous : vues plongeantes sur la Nesque en bas, falaises à perte de vue, et cette sensation d’être littéralement dans le “second plus beau canyon de Provence”, comme le disent certains topo-guides.

Les corniches en balcon et le retour vers le plateau

Les gorges de la Nesque se laissent ensuite contempler depuis des sentiers en balcon, qui suivent les contours de la falaise à une altitude plus confortable pour les mollets, mais toujours avec un petit côté “ne pas trop jouer avec le vide”. Le bois craque à nouveau sous vos pas lorsqu’on traverse des zones de buis et de chênes, puis laisse la place aux zones de lapiaz, où le calcaire sculpté forme des marches naturelles et des reliefs étonnants. Les panoramas s’ouvrent à nouveau vers le Ventoux, les plateaux voisins et les méandres de la gorge.

En poursuivant la boucle, on rejoint progressivement la route panoramique ou le haut du versant menant de nouveau vers Monieux, selon l’itinéraire choisi. Quelques dernières trouées offrent des vues spectaculaires sur le rocher du Cire et les falaises environnantes ; c’est typiquement le moment “Clic, clac, dernière photo, promis”, avant de laisser les gorges derrière soi. Les jambes commencent à fatiguer un peu, mais le sentier se fait plus doux, alternant petites montées et descentes qui ramènent tranquillement vers le village.

Le retour à Monieux signe la fin de la boucle, avec le clocher qui réapparaît, les maisons serrées les unes contre les autres et, si l’on a bien géré son timing, la perspective très concrète d’une boisson fraîche ou d’une glace. Les gorges, elles, restent là, juste en contrebas, invisibles depuis le centre mais tout à fait présentes dans les mollets… et dans la mémoire.

Quand aller voir les gorges de la Nesque ?

Les gorges de la Nesque se visitent idéalement au printemps et à l’automne, quand les températures sont douces, la lumière met en valeur les falaises et le Ventoux, et que la végétation joue sur les contrastes de verts et d’ocres. Au printemps, les pentes se couvrent de fleurs, les buis et les chênes reprennent des couleurs, et l’air encore frais rend les montées plus agréables, même sur les longues boucles. En été, les routes panoramiques sont spectaculaires et le canyon magnifique, mais la chaleur peut être forte dans les pentes exposées ; partir tôt, profiter de l’ombre en fond de gorge et bien s’hydrater devient alors indispensable. À l’automne, les teintes se réchauffent, les gorges se parent de nuances dorées et rousses, et les sentiers sont moins fréquentés, offrant une ambiance plus contemplative. L’hiver, selon les conditions, peut réserver de belles journées claires mais demande de la prudence sur les passages rocheux ou ombragés qui peuvent devenir glissants.

Comment aller voir les gorges de la Nesque ?

Les gorges de la Nesque sont accessibles principalement par la route entre Villes-sur-Auzon et Monieux, avec des départs de randonnées majeurs autour de Monieux, du plan d’eau et du belvédère de Castelleras, que l’on rejoigne en voiture ou via un combo train + bus jusqu’aux villes proches comme Carpentras.

Aller en voiture aux gorges de la Nesque

Aller en voiture aux gorges de la Nesque se fait très simplement depuis Carpentras ou le bas Ventoux. Depuis Avignon, on rejoint Carpentras par la D942, puis on poursuit vers Mazan et Villes-sur-Auzon par la D942 et la D1, avant d’emprunter la route touristique des gorges de la Nesque (D942) en direction de Monieux, avec plusieurs belvédères signalés, dont celui de Castelleras. Pour la grande boucle de randonnée, on vise Monieux et son plan d’eau, facilement accessibles en suivant les panneaux depuis la D942. Les parkings de village et aux abords du plan d’eau permettent de laisser la voiture le temps de la randonnée ; sur la route panoramique, de petites aires aménagées servent de point de départ pour les descentes plus sportives vers le fond des gorges.

Aller en train aux gorges de la Nesque

Aller en train aux gorges de la Nesque implique de viser d’abord la gare d’Avignon (TGV ou centre), puis Carpentras, et ensuite d’enchaîner avec un bus vers le secteur Ventoux/Nesque. Depuis Avignon Centre ou Avignon TGV, un TER de la ligne Avignon – Carpentras permet de rejoindre Carpentras en une trentaine de minutes. Depuis la gare routière de Carpentras, des bus régionaux desservent les communes de la “porte du Ventoux” (Pernes-les-Fontaines, Monteux, etc.), puis des lignes complémentaires permettent de se rapprocher de Villes-sur-Auzon ou des villages du piémont du Ventoux ; une fois là, il faudra soit disposer d’un vélo, soit compter sur le covoiturage ou un taxi pour atteindre Monieux ou la route des gorges. Cette option convient plutôt à un séjour de plusieurs jours avec hébergement sur place qu’à une simple sortie à la journée depuis Avignon.

Aller en voiture à Monieux avant de rejoindre les gorges de la Nesque

Aller en voiture à Monieux avant de rejoindre les gorges de la Nesque est une excellente stratégie pour combiner village typique et randonnée dans le canyon. Depuis Avignon, on passe par Carpentras, puis Sault ou directement par la D942 en suivant la direction “Gorges de la Nesque / Monieux”. Le village sert alors de base pratique : on se gare près du centre ou du plan d’eau, on part randonner sur les boucles des gorges, puis on revient profiter des ruelles, d’un restaurant ou d’une terrasse en fin de journée. Ceux qui restent plusieurs jours peuvent également rayonner vers le Mont Ventoux, les villages du plateau d’Albion et les champs de lavande voisins.

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