2 itinéraires de randonnée au Sentier de l’Imbut

La randonnée au sentier de l’Imbut est une plongée sportive au cœur du Grand Canyon du Verdon, entre environ 500 et 900 mètres d’altitude selon les portions, sur un itinéraire accroché aux parois qui descend jusqu’au bord de la rivière avant de remonter sèchement. Situé sur la rive droite des gorges, entre Aiguines et La Palud-sur-Verdon, ce sentier en corniche alterne passages sous les arbres, chaos de blocs, vires étroites et vues spectaculaires sur le Verdon émeraude. L’ambiance est vertigineuse, sauvage et un peu “aventure”, avec par moments ce petit frisson dans le ventre quand on réalise la hauteur des falaises au-dessus… et en dessous.

Sentier de l'Imbut Randonnée Provence Alpes Côte d'Azur
Le sentier de l’Imbut

 

Les itinéraires pour une randonnée au sentier de l’Imbut

Les itinéraires pour une randonnée au sentier de l’Imbut tournent principalement autour d’une grande boucle au départ du parking des Cavaliers, avec variantes vers le Baou Béni et retour éventuellement par le sentier Vidal pour les randonneurs expérimentés.

Itinéraire 1 : L’Imbut “classique” depuis le parking des Cavaliers

Le sentier de l’Imbut en version classique forme une boucle exigeante qui descend aux gorges, longe le Verdon jusqu’au chaos de l’Imbut puis remonte par un itinéraire plus progressif sans passer par le très aérien sentier Vidal.

  • Point de départ : Parking des Cavaliers (D71, entre Aiguines et Trigance)

  • Distance : environ 8 à 11 km selon la variante et les allers-retours jusqu’au Baou Béni

  • Temps estimé : 4h à 6h de marche

  • Dénivelé : environ +500 à +650 m de dénivelé positif, autant en négatif

  • Type d’itinéraire : Boucle (descente par l’Imbut, remontée par un sentier de retour hors Vidal)

  • Difficulté : Difficile (passages exposés, terrain technique, fort dénivelé)

Itinéraire 2 : Imbut + sentier Vidal, la boucle alpine

Le sentier de l’Imbut combiné au sentier Vidal est la version “costaud” de la randonnée, réservée aux randonneurs aguerris, avec une remontée ultra-raide et très aérienne équipée de câbles et mains courantes.

  • Point de départ : Parking des Cavaliers (D71)

  • Distance : environ 9 à 10 km

  • Temps estimé : 5h à 6h

  • Dénivelé : jusqu’à environ +900 à +1000 m cumulé sur certaines boucles

  • Type d’itinéraire : Boucle (descente par l’Imbut, remontée par le sentier Vidal – uniquement à la montée)

  • Difficulté : Très difficile, passages très aériens, déconseillée aux personnes sujettes au vertige

Combien de temps dure la randonnée au sentier de l’Imbut

La randonnée au sentier de l’Imbut dure généralement entre 4h et 6h pour la boucle classique selon la condition physique et les pauses, et environ 5h à 6h pour la variante avec remontée par le sentier Vidal, avec un dénivelé et une difficulté nettement plus marqués.

Récit de randonnée sur le sentier de l’Imbut

La descente depuis les Cavaliers : mise en jambes rapide

La descente du sentier de l’Imbut démarre au parking des Cavaliers, posé à flanc de D71, avec déjà une vue impressionnante sur les gorges qui suffit à réveiller n’importe quel mollet endormi. Très vite, le sentier quitte le bord de route pour plonger dans la pente par une succession de lacets serrés, creusés dans la terre et la roche ; le bois craque par moments sous vos pas dans les sections boisées, alors que les cailloux roulent joyeusement dès que l’on relâche un peu trop l’attention. Le Verdon, invisible au début, se devine d’abord au son, un grondement sourd qui s’intensifie à mesure que l’on perd de l’altitude.

Au fil de la descente, la végétation se densifie : chênes, buis, pins et quelques arbustes méditerranéens transforment le sentier en tunnel vert ponctué de petites trouées sur les falaises opposées. Les odeurs de terre, de feuilles et de roche chauffée par le soleil se mélangent, tandis que la lumière joue à travers les branches, créant des zones d’ombre et de clarté qui donnent presque un côté “scène de théâtre” à la progression. On avance en zigzag, mi-concentré sur ses appuis, mi-happé par les aperçus du canyon qui se rapproche.

Puis, après ce long ruban en mode “freinage contrôlé”, la rivière finit par apparaître, là juste en bas, d’un vert émeraude presque fluorescent, encadrée de parois calcaires qui semblent vouloir se refermer dessus. Clic, clac, première salve de photos : on immortalise la passerelle de l’Estellié, la couleur de l’eau, la verticale impressionnante des parois, tout en se demandant vaguement comment on va bien pouvoir remonter de là-haut plus tard… mais ce sera une question pour “le vous de plus tard”.

Au cœur des gorges : chaos de blocs et passages en corniche

La partie centrale du sentier de l’Imbut est un condensé d’ambiance “Grand Canyon version européenne” : le chemin suit le Verdon au plus près, tantôt sur de petites corniches taillées dans la paroi, tantôt entre les arbres, tantôt au milieu d’un chaos rocheux digne d’un décor de film d’aventure. Le bois craque moins ici, la roche prend franchement le dessus, avec des sections à flanc de falaise où les appuis se font plus précis et où le vide se rappelle régulièrement à votre bon souvenir. Le bruit de la rivière, lui, ne vous lâche jamais, passant du chuchotement au grondement selon les resserrements de la gorge.

En progressant, on atteint le fameux chaos de blocs de l’Imbut, véritable champ de rochers géants éparpillés par la géologie et le temps. Le sentier se transforme en gymkhana entre les pierres, obligeant parfois à poser les mains, à se hisser sur un rocher ou à se glisser sous un énorme bloc qui forme comme un tunnel naturel. Les marques de peinture guident la progression, mais l’ambiance “labyrinthe minéral” est totale, avec à chaque fois la récompense d’un nouveau point de vue sur le Verdon qui disparaît, se cache, puis réapparaît entre les blocs.

Plus loin, en tirant vers le Baou Béni pour ceux qui ont encore du jus, on accède à un recoin presque irréel : une sorte de “plage-minuscule-cuvette-de-rochers” où le Verdon semble se calmer quelques instants. Les parois se resserrent, la lumière se fait plus douce, et on se sent littéralement au centre du canyon, comme si la gorge s’était refermée autour de vous. C’est le moment parfait pour une pause contemplative, sandwich en main et regard perdu entre le vert de l’eau et le gris de la roche.

La remontée : cuisses en feu et vues à tomber

Le retour par l’itinéraire classique ou par le sentier Vidal remet les pendules à l’heure côté cardio, chacun dans son style. Par la montée “classique”, on quitte peu à peu le bord de l’eau pour attaquer une succession de lacets et de couloirs forestiers, où le bois craque de nouveau sous vos pas et où les cuisses commencent à protester franchement. Chaque virage semble annoncer un replat… qui n’est souvent qu’un prétexte pour vous laisser admirer une nouvelle fois la gorge désormais en contrebas, histoire de vous rappeler que oui, vous venez bien de remonter tout ça.

Par le sentier Vidal (uniquement à la montée, descente interdite et très dangereuse), le ton est tout de suite donné : marches creusées à même la falaise, câbles, mains courantes, pente ultra-raide et ambiance aérienne garantie. On progresse serré contre la paroi, en mode “un pas après l’autre, ne regarde pas trop longtemps en bas”, avec des passages où toute erreur est purement théorique – tellement interdite qu’on préfère ne même pas l’envisager. Les mains travaillent autant que les jambes, les câbles deviennent vos meilleurs amis, et le souffle se transforme à intervalles réguliers en “wouah, c’est raide quand même”.

Quelle que soit la variante choisie, la sortie sur le plateau a un petit goût de victoire : d’un coup, les arbres s’espacent, la pente se calme, la lumière s’ouvre, et la D71 finit par réapparaître, presque banale après tout ce décor dramatique. On rejoint le parking des Cavaliers avec les jambes tremblantes, le t-shirt bien trempé et le sourire jusqu’aux oreilles. Clic, clac, dernière photo depuis le belvédère routier, et une pensée qui revient en boucle : “C’était dur… mais qu’est-ce que c’était beau.”

Quand aller voir le sentier de l’Imbut ?

Le sentier de l’Imbut se parcourt de préférence au printemps et à l’automne, lorsque les températures restent supportables et que les gorges offrent leurs plus beaux contrastes entre la roche claire, le vert de la végétation et l’émeraude du Verdon. Au printemps, les versants se couvrent de verts lumineux, les fleurs ponctuent les talus, et l’eau est souvent bien gonflée, ce qui renforce l’impression de puissance du canyon tout en gardant une température de l’air agréable pour avaler le dénivelé. En été, le décor est somptueux mais la chaleur peut être rude dans les parties encaissées, avec peu d’air qui circule ; partir très tôt, emporter beaucoup d’eau et éviter les journées de canicule devient alors indispensable, d’autant que l’effort demandé est conséquent. À l’automne, les teintes se réchauffent, les affluences baissent, et l’on profite d’une atmosphère plus paisible, même si les jours plus courts obligent à surveiller la montre ; l’hiver, enfin, est à aborder avec prudence, les conditions pouvant rendre les passages exposés glissants ou dangereux.

Comment aller voir le sentier de l’Imbut ?

Le sentier de l’Imbut se rejoint principalement par la route depuis Aiguines et la D71, avec un point de départ emblématique au parking des Cavaliers, accessible en voiture depuis les grandes villes de la région et, plus indirectement, en combinant train et bus jusqu’aux villages du Verdon.

Aller en voiture au sentier de l’Imbut

Aller en voiture au sentier de l’Imbut revient à viser d’abord le secteur du lac de Sainte-Croix et d’Aiguines, puis la spectaculaire D71 qui traverse la rive droite des gorges. Depuis l’A51 en provenance de Marseille ou Aix-en-Provence, on sort à Manosque (sortie 18) ou Vinon-sur-Verdon, puis on suit la D952 en direction de Moustiers-Sainte-Marie avant de bifurquer vers Aiguines et la D71, signalée “Route des Crêtes / Gorges du Verdon”. Une fois sur la D71, on poursuit jusqu’à atteindre l’auberge ou l’hôtel/restaurant des Cavaliers, où un parking se trouve juste après l’établissement, côté gorge : c’est votre point de départ pour le sentier. En fin de randonnée, la boucle ramène à ce même parking, ce qui évite les complications de navette, mais impose une bonne organisation en termes de temps de départ pour ne pas finir de nuit.

Aller en train au sentier de l’Imbut

Aller en train au sentier de l’Imbut demande de combiner rail et bus, car aucun train ne dessert directement les gorges. Depuis Marseille ou Aix-en-Provence, on peut d’abord rejoindre Manosque-Gréoux-les-Bains en TER via la ligne de l’A51, puis utiliser les lignes de bus régionales (comme la LER 67 Marseille – Gréoux – Riez puis la 450 Riez – Castellane via Moustiers-Sainte-Marie) pour accéder au secteur du Verdon. De Moustiers ou Castellane, il faut ensuite rejoindre en bus ou taxi les villages ou parkings de la rive droite, comme Aiguines et la D71, ce qui nécessite une bonne préparation et une consultation attentive des horaires sur le réseau Zou! et les offices de tourisme locaux. Cette solution reste plus complexe que la voiture, mais peut convenir à ceux qui prévoient un séjour de plusieurs jours dans le Verdon sans véhicule.

Aller en voiture à Aiguines ou Moustiers avant de rejoindre le sentier de l’Imbut

Aller en voiture à Aiguines ou Moustiers-Sainte-Marie avant de rejoindre le sentier de l’Imbut est une excellente idée si l’on souhaite rayonner plusieurs jours dans le Verdon. Depuis Marseille, on emprunte l’A51 jusqu’à Manosque puis la D952 vers Valensole, Riez et enfin Moustiers ou le lac de Sainte-Croix ; depuis Nice, la route peut passer par la N202 puis Castellane, avant de basculer vers les gorges. Une fois installé à Aiguines ou Moustiers, on peut consacrer une journée au sentier de l’Imbut en prenant la D71 jusqu’au parking des Cavaliers, puis, les autres jours, explorer d’autres randonnées comme le Blanc Martel ou des belvédères en voiture. Cette base “village” permet aussi de profiter des services, hébergements et restos bien mérités après les grosses randos.

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